Le sionisme chrétien
dimension fondamentale du conflit arabo-sioniste
A l’inverse du réductionnisme méthodologique, notre approche du conflit arabo-sioniste reposera sur une analyse de type systémique : il s’agit d’être attentif moins aux objets qu’aux relations. Le sens d’un fait ne réside pas seulement dans ses caractéristiques propres, mais aussi dans la trame des rapports qui se tissent autour et à travers lui.
Dans cette analyse, le conflit entre l’entité sioniste et
Ces élargissements successifs ne sont pas uniquement spatiaux. La profondeur temporelle se trouve elle aussi affectée et il convient, pour ne pas réduire la compréhension du conflit arabo-sioniste à sa temporalité immédiate, de contextualiser selon une longue histoire ce conflit. Ici, nous voudrions tordre le coup à une idée répandue qui le fait remonter à Theodore Herzl et son projet colonial datant de la fin du XIXème et du début du XXème siècles.
En réalité, nous voudrions souligner que ce conflit n’est pas intelligible si nous ne saisissons pas les enjeux d’une dynamique concrète, sociale et historique qui est celle de
Cette analyse systémique particulière se doit d’être également transdisciplinaire car les ressources de la seule science politique ou du droit international ne sont pas suffisantes. La théologie et l’anthropologie culturelle doivent aussi être mobilisées. Mais la transdisciplinarité ne se contente pas de la seule sphère de la raison académique et dans notre compréhension de ce conflit ce sont aussi les forces de l’intuition que nous voulons convoquer.
Les Occidentaux, régulièrement, à travers leurs médias, leurs intellectuels et leurs dirigeants politiques, considèrent que la paix entre juifs et Palestiniens suppose l’intervention d’un tiers neutre ou, en tout cas, d’un tiers qui n’as pas de responsabilités directes dans la cause du conflit. Conflit entre « Juifs et Arabes », entre « Juifs et Musulmans », les lectures schématiques abondent.
Le point commun entre elles, outre leur essentialisme, est que l’Occident se voit exonérer de toutes ses responsabilités originelles. Les Occidentaux considèrent même qu’ils font le pari de la paix en critiquant les uns et les autres. En fait, si la terre palestinienne, et par extension la terre arabe, est le lieu de l’existence (au sens de manifestation) du conflit arabo-sioniste, son essence (ses causes profondes) réside dans l’histoire même de l’Occident, de l’Europe issue de
Sola scriptura ! Par l’Ecriture seule ! Ce principe est l’un des axes fondamentaux de
Dans quelle mesure ce principe, Sola scriptura, intervient-il dans notre questionnement de départ, à savoir la collusion originelle entre christianisme, protestantisme et projet sioniste en Palestine ? En fait, cette fameuse démocratisation et l’élévation de
Or, cette situation devait laisser sur la conscience protestante une empreinte singulière et, dans le contexte de la généralisation de
Cette théologie protestante qui identifie les Protestants persécutés des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles aux Fils d’Israël de l’Antiquité va trouver en Amérique du Nord une terre d’accueil. A bien des égards, le rapport entre les Etats-Unis et l’entité sioniste, loin d’être réductible à une simple alliance politico-militaire conjoncturelle, se voit enraciné dans l’histoire anthropologique de pays.
Commentaires
Pas de commentaire pour cet article
Ajouter un commentaire