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Mardi 17 Avril 2007

Un volcan social en réponse à une crise politique

Alors que certains comparent la « rébellion des Banlieues en France » au mouvement des « droits civiques » qui a eu lieu aux États-Unis pendant les années 60, d’autres y voyaient la preuve d’un échec de la politique sociale française, ou la politique poste-coloniale française. D’ailleurs, la participation des non arabes et de non musulmans est la preuve que les événements en question n’avaient pas, ou avaient peu, une dimension religieuse, et n’avaient rien à voir avec l’extrémisme.

Le fait d’établir une comparaison entre le mouvement cité auparavant et les événements dans les banlieues françaises à de quoi interpeller. Ainsi, les conditions dans ces banlieues et celles de ville des États-Unis, telle la Nouvelle Orléans, sont presque identiques. Surtout après le passage du cyclone « Katrina » qui a démasqué la réalité de la discrimination qui caractérise toujours la politique américaine, l’administration Bush en particulier, envers les minorités visibles (par la couleur de peau ou par la religion). Cet ouragan doit déclencher une révolution, à tous les niveaux, dans les bas quartiers des villes américaines principalement dans le sud du pays, où les noirs, tels les arabes et les musulmans dans la banlieue française, sont opprimés. Ce cyclone est aussi un avertissement adressé aux hauts responsables états-uniens qui doivent accorder plus d’importance aux populations marginalisées.

L’étendu des manifestations, des incendies de voitures et de lieux publics en France est la preuve que la situation est beaucoup plus compliquée et très préoccupante. Ceci exprime, entre autre que le niveau d’absorption de l’humiliation et de tolérance de la marginalisation est irréversiblement dépassé. La politique sociale française, et même la politique française tout court, doit être mise en cause. Donc, avant de juger ou de préjuger des manifestants, il faut réexaminer cette politique pour mettre le doigt sur ses avantages et ses inconvénients. Les politiques gouvernementales en France ne cessent pas de multiplier les contradictions intérieures qui produisent, par la suite, ce genre d’événements.

Quant à Nicolas Sarkozy, il préfère adopter les méthodes de répressions anti-palestiniennes. Pour rappel, le ministre de la Sécurité publique du gouvernement d’occupation sioniste de la Palestine Gideon Ezra, assisté de son directeur de la police Moshe Karadi, a rencontré Nicolas Sarkozy, le mois de décembre 2005, afin de le conseiller sur les méthodes de répression à adopter contre les émeutes.

Érigé en modèle, Gideon Ezra, connu pour ses déclarations anti-arabes, a ainsi prodigué ses conseils aux forces de police françaises de contrôle des foules. Les discussions ont également porté sur les moyens de resserrer la coopération des forces de police sionistes et françaises en matière de lutte contre ce qu’ils qualifient de terrorisme.

Éludée par les médias français, la rencontre que les principaux instigateurs se sont gardés de commenter a été très largement relatée et analysée par la presse sioniste, qui a insistait sur l’exemplarité de la police sioniste ! Reconnue dans le monde pour sa capacité à « lutter contre le terrorisme et réprimer les émeutes »… « Ce savoir faire pourrait être utile à la France en cas d’émeutes semblables à celles du mois de novembre 2005. ». En termes plus clairs, la police sioniste apprendra à la police française comment « casser de l’arabe », bien que les banlieues ne sont pas peuplées que d’arabe.

Les ruines et destructions qui ont eu lieu en France, suite aux manifestations en question, n’ont pas uniquement atteint les voitures et les propriétés publiques ou privées, mais aussi, par ricochet, la crédibilité des responsables politiques et la solvabilité de la république laïque dont ils se vantent. Et si les manifestations ont trouvé leur fin, ce n’est surtout pas parce que le problème a été réglé, mais suite à la prise et la mise en œuvre de différentes mesures sécuritaires dont, entre autres, le « couvre feu ». Pire, les responsables n’ont pas cherché à comprendre les vraies causes d’une telle situation. Sûrement, le capitalisme à outrance, qui s’est renforcé suite aux développements économiques réalisés par les pays industriels, dont la France, au cours des trois dernières décennies, a produit des déséquilibres sociaux entre les riches et les pauvres, en permettant aux riches de décupler leurs fortunes (entre autre par le billet des stock options) et en rendant les pauvres plus pauvre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ces déséquilibres risquent d’enflammer d’autres mouvements sociaux partout dans le monde. Car aucune société ne peut se prévaloir être démocratique, prônant la citoyenneté comme instrument d’égalité des chances, ayant le sens de la morale, de l’éthique et des droits de l’Hommes et qu’en même temps une large partie de sa propre population souffre au quotidien au point de tout brûler.

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