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Lundi 13 Août 2007

Cent bougies pour chasser l’obscurité

« Mon pays tue ses lions pour que se multiplient les agneaux et se facilite le travail des chacals » Messali Hadj

Libre à vous de voiler le soleil et de tendre les lambeaux défaits de la nuit pour cacher la luminosité du jour ! Libre à vous d’inventer des mémoires officielles neuves pour réhabiliter les indus occupants de l’histoire ! Libre à vous de déployer les tapis rouges devant les criminels ! Nous continuerons de repousser l’obscurité, pour que le sang versé sur la terre ne disparaisse pas bêtement dans les espaces clos, arides et sombres du renoncement ! Ce sang qui ne se calme pas est celui des braves.

Il coule encore même si vous ne le voyez pas. Il coule à partir de cent sources, cent vies fauchées par l’obscurantisme, cent voix censurées définitivement, cent plumes brisées, cent familles déchirées… comme tant d’autres.

Il coule pour former cette grande rivière du souvenir qui gronde et hurle sous les ponts bricolés à la hâte dans les aubes troubles d’une amnésie générale. En ce mois d’août, nous célèbrerons le premier anniversaire d’une épopée incommensurable. L’occasion est ainsi offerte à tous les militants de la liberté, à ceux qui ont vaillamment résisté à l’empire du mal et ses acolytes, aux femmes et aux hommes qui ont su mettre en déroute le projet fasciste ; l’occasion leur est offerte de marteler haut et fort, à l’intention de tous les amnésiques, que l’Algérie nouvelle n’oubliera plus ses braves. A leurs enfants, à leurs épouses, à leurs parents, nous dirons que tous les mots du dictionnaire ne suffiraient pas pour manifester la gratitude de la Nation pour les sacrifices de leurs chers disparus assassinés lâchement. Cent bougies qui éclairent cet espace pour que la mémoire résiste, pour que nos enfants ne laissent pas mourir le soleil derrière les oripeaux de la trahison, pour que la terre absorbe enfin le sang, pour que la veuve sèche ses larmes, pour que le regard triste de l’orphelin s’habille des couleurs de l’espoir…

Taisez-vous un moment et écoutez l’histoire, la vraie, celle qui ne s’écrit pas dans les livres officiels. Mais celle qui vivra éternellement dans le cœur de ce pays, dans l’eau pure de ses ruisseaux, dans le ciel et la mer, dans les dunes de son Sahara, dans les gorges profondes de ses montagnes, dans les yeux des mômes qui rêvent de liberté ! Cette histoire s’en fout des règnes éphémères et des pouvoirs momentanés, elle s’en fout des urnes et des humeurs partisanes ! Elle a l’éternité pour elle… Demain, les générations sauront réserver à leurs héros la place qu’ils méritent dans le panthéon de l’histoire. Et si vous êtes de ceux qui oublient trop vite, précipitez-vous, alors, là où l’on distribue les dividendes des zerdas électorales ! Ici, nous remémorons notre Histoire pour soigner notre présent et bâtir notre future.

Après avoir échappé à la mort par la main des obscurantistes, je suis là où devraient être ceux qui ont étouffé ma voix ! Une année après, que dire à nos martyrs ! Soixante ans durant, que dire à nos morts ?... Que rien n’a changé !

Dimanche 12 Août 2007
La SM, maladie sans remède

 

La forfaiture et la lâcheté de deux États, algérien et français, ont réussi à effacer de la mémoire plusieurs affaires de la liste des crimes politiques, une liste si longue qu’elle mérite d’être l’objet d’une série policière. L’omerta est si opaque, au point qu'au cours des dernières années, Annie Mécili épouse de Ali n'est même plus parvenue à faire publier dans la presse française le moindre texte dénonçant l'impunité des commanditaires de l'exécution de son mari, le 07 avril 1987 exactement en plein Paris. Il n'y a là rien de nouveau sous le soleil.

Depuis plus de quatre décennies, le régime algérien n'a pas seulement usurpé la souveraineté du pays, fruit du combat et des sacrifices de tout un peuple. Il a organisé, dès l'indépendance comme de l’autre coté de la méditerranée, l'amnésie pour priver les Algériens de leur Histoire. C'était à ses yeux la seule manière de régner en maître absolu sans jamais risquer devoir rendre des comptes.

C'est précisément pour lutter contre cette amnésie érigée en mode de gouvernement et de gestion de la société qu'il m'a paru de salubrité publique, de renouer avec Ali. D'autant que ce meurtre ne constitue ni une bavure ni un «accident de parcours». Il marque au contraire une constante depuis l'indépendance de notre pays : la volonté du régime de détruire le politique et jusqu'à l'idée même du politique, de refuser et casser toute médiation et tout médiateur crédible. Au besoin par l'assassinat de ceux qui menacent la pérennité du régime : presque toujours des hommes capables de penser et surtout d'organiser un débat et un combat politiques.

Créée dès 1962, la police politique, dont le seul sigle – SM – a terrorisé les Algériens pendant près de trois décennies, y a toujours veillé. Théoriquement dissoute en septembre 1990, mais en pratique simplement rebaptisée DRS (Département de renseignement et sécurité), la SM a été depuis l'indépendance la plaque tournante de l'organisation d'un pouvoir occulte. Repérant et recrutant les meilleurs étudiants, elle a infiltré tous les appareils de l'État, les réseaux mafieux du pouvoir et tous les secteurs d'activité – sociaux, économiques, culturels et politiques –, avec une attention particulière pour les médias et les partis. Sa connaissance très «pointue» de tout le personnel politique et les liens très anciens existant entre eux font de ses dirigeants – et en particulier de son chef le général Mohammed MEDIENE – le centre de gravité autour duquel s'articule toute la vie politique. Véritable colonne vertébrale du système et seule institution à fonctionner vraiment en dehors du secteur des hydrocarbures, ces services spéciaux ont eu, dès l'indépendance, une obsession : contrôler au plus près la société afin d'y empêcher l'enracinement populaire de tout mouvement et de prévenir l'émergence de contre-pouvoirs démocratiques. Exemple : éclatements du FFS, du FIS, du NAHDA, du ISLAH et du PRA, parti d’une élite sans ancrage populaire, suite à une multitude d’erreurs et de participations aux élections truquées, au point que le PRA a récolté dans des élections moins de voix que le nombre de ses partisans, de pareilles leçons le PRA ne retiendra rien et il participera aux élections de 2007 ! échec cuisant !

En octobre 1988, un véritable séisme a ébranlé le pays tout entier. Exclus et désespérés, des centaines de milliers de jeunes ont déferlé dans les rues en scandant : «Nous sommes des hommes, nous sommes des hommes !» On pourrait s'étonner que ce formidable coup de semonce n'ait pas été fatal au régime militaire. D'autant que se profilait l'effondrement du système totalitaire soviétique : sa chute aurait pu entraîner dans son sillage son rejeton algérien. Il n'en a rien été. La répression féroce pour laquelle les généraux ont opté en constitue la raison la plus évidente : des tirs à la mitrailleuse ont écrasé la révolte d'une jeunesse à laquelle le régime déniait à la fois les conditions d'une existence digne et les moyens pacifiques de la revendiquer.

Ainsi en décembre 1991, la tentative de coup d'État visant à renverser le processus d'ouverture politique à Moscou a échoué, sans effusion de sang, alors qu'en Algérie, le coup d'État mettant fin à la transition démocratique a réussi le 11 janvier 1992. Une différence structurelle fondamentale entre l'Algérie et les systèmes staliniens «classiques» explique cette évolution opposée : le KGB était soumis au contrôle du Parti communiste soviétique – qui n'avait rien d'une fiction – et c'est sur ordre des autorités civiles que la police politique a mis en déroute les putschistes «contre-révolutionnaires». En Algérie au contraire, la Sécurité militaire n'a jamais été soumise à aucune autorité civile. La police politique – version algérienne du KGB, de la Stasi et de la Securitate, qui ont formé nombre de ses cadres – était supposée dépendre de l'armée. En réalité, elle a toujours eu le monopole presque absolu de la politique. Et elle constitue même le véritable parti unique, contrôlant étroitement un FLN dont la "fameuse" «légitimité historique» lui a servi de feuille de vigne.

Les décennies des affrontements fratricides et la «sale guerre» des années 1990 n'ont pas changé la donne. Elle a au contraire décuplé la puissance du DRS, autoproclamé gardien suprême de la patrie face au «péril vert». Certes, la police politique n'est sans doute plus aujourd'hui le bloc homogène qu'elle fut. Traversée elle aussi par les luttes de clans et les rivalités entre «services», elle exerce néanmoins un quasi-monopole sur la réflexion, la prospective et la mise en œuvre politique des choix qui conditionnent le destin du pays.

Car en 1987, le régime s'est doté d'un instrument essentiel pour adapter le concept de sécurité aux grands changements géostratégiques : l'Institut national d'études et de stratégie globale (INESG). Ce think tank se voulait un lieu d'échanges internationaux de haut niveau visant à moderniser les thèses traditionnelles élaborées dans les «laboratoires» du DRS. Il visait aussi à développer lobbying et collaboration avec des acteurs internationaux importants du monde politique, des médias et du renseignement haut de gamme. Il a accueilli des intellectuels brillants, dont certains jugés trop indociles, ont été assassinés au début de la sale guerre. Trois de ses directeurs ont été ainsi successivement abattus en 1993, officiellement par les groupes armés. Djillali LYABES, le 16 mars, alors qu'il venait de rendre public un rapport constituant une véritable sonnette d'alarme : affirmant que les blocages de l'économie algérienne risquaient à terme de menacer l'avenir du pays et la vie de ses ressortissants, cette étude préconisait des mesures radicales, à commencer par la plus fondamentale et la plus urgente, régler le problème de légitimité des institutions. Ses deux successeurs subiront le même sort. Économiste et sociologue renommé, M'hamed BOUKHOBZA sera égorgé à son domicile devant sa fille, le 22 juin ; il s'était engagé dans la lutte contre la corruption du pouvoir. Deux semaines plus tard, le 04 juillet, ce sera le tour de Redouane Réda SARI, docteur en physique nucléaire et en informatique et colonel de l'ANP. Rappelé d'urgence de Suisse où il faisait un stage à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), il apprendra à son arrivée à Alger sa nomination d'office à la direction de l'ISG. Seuls sa famille et un cercle très restreint d'amis en étaient informés et cela rend hautement improbable l'action des groupes armés contre le «nouveau directeur» de l'ISG.

On ne peut comprendre les exécutions politiques «ciblés», si l'on ignore que l'assassinat s'est très tôt imposé en Algérie comme une procédure normale de règlement des conflits, durant la période coloniale même. Plusieurs personnalités politiques furent en effet les victimes de ces liquidations commanditées par les services secrets.

1957 fut année de prélude à une longue liste d'assassinats : Abbane RAMDANE (décembre 1957), Mohammed KHIDER (janvier 1967), Krim BELKACEM (octobre 1970), le commandant Saïd ABID (à la tête de la 1ère région militaire, «suicidé» de trois balles dans le dos en 1967 dans son quartier général de Blida), Abdelkader MOULAY, alias colonel Chabou, ex-sous officier de l'armée française, victime d'un accident d'hélicoptère en 1971 ; Mohamed MEDEGHRI, le tout Premier ministre de l'Intérieur, limogé début 1965, lui aussi «suicidé» en décembre 1974. MEDEGHRI était opposé à la première Charte nationale des années 1970 et préconisait l'élaboration démocratique d'une Constitution.

Des années durant, ce pouvoir a supprimé des hommes «gênants» avant qu'à son tour le peuple tout entier devienne un «ennemi» à soumettre coûte que coûte. Sous couvert de lutte antiterroriste, le régime s'en est pris à des franges entières d'une société dont il a toujours eu peur. Pour autant, il n'a pas renoncé aux meurtres ciblés, qui sont restés une constante de la sale guerre des années 1990.

Le plus emblématique demeure évidemment celui d'un président, Mohammed BOUDIAF, qui avait abattu à bout portant des membres du MTLD (balle entre les yeux), a son tour été abattu en juin 1992 en direct devant les caméras de télévision pour, pratique typiquement maffieuse, valeur d'exemple. À plusieurs reprises, BOUDIAF avait menacé les généraux de partir s'ils s'obstinaient à ne pas respecter l'autonomie de sa fonction. Nous dit-on que les services spéciaux savaient aussi que sa volonté de se faire élire président au cours d'un scrutin en bonne et due forme avait un double objectif : se libérer du contrôle tutélaire du commandement militaire et créer une formation politique nationale qui déborderait fatalement les «lignes rouges» fixées au multipartisme de façade que les généraux aiment tant afficher. Ni les «décideurs» ni les «services» ne pouvaient prendre le risque de laisser se développer de telles initiatives : elles étaient susceptibles d'ouvrir un processus fatal pour un système qui nourrit une phobie à l'égard de toute organisation autonome de la vie politique et de la société. L'exécution de Mohammed BOUDIAF devenait, dès lors, inéluctable. Elle obéissait au sempiternel refus de ce pouvoir de l'ombre qui constitue le cœur du système d'accepter la moindre prise de distance à son égard.

La liste des autres victimes «institutionnelles» de la police politique depuis 1992 est hélas fort longue. À défaut de pouvoir les évoquer tous ici, citons les victimes les plus notoires : l'ex-chef de la Sécurité militaire et ex-Premier ministre Kasdi MERBAH en août 1993 ; l'ancien ministre de l'Intérieur Aboubakr BELKAÏD en septembre 1995 ; Abdelhak BENHAMOUDA, le patron de l'UGTA, le syndicat officiel, en janvier 1997 ; et aussi plusieurs officiers de haut rang. Ici on peut citer la bêtise de BOUTEFLIKA qui avait demandé, suite à sa prise de fonction, dans un discours publique : que toute personne ayant des preuves de malversation de les transmettre à la présidence. C’était le cas du colonel JABER, patriote et militaire carriériste de très haut niveau, abattu devant ses amis dans un café dans la wilaya de Tizi-Ouzou, il avait par malheur transmis à la présidence des informations compromettant plusieurs officiers de haut rang.

Certains de ces assassinats étaient destinés à empêcher toute émergence d'une alternative politique crédible, notamment dans le champ dit islamiste : ce sera le cas par exemple de l'élimination, le 22 novembre 1999, de Abdelkader HACHANI. D'autres visaient à envoyer des «messages» sanglants à un clan adverse. Le plus typique restera sans doute l'élimination, le 04 juin 1996, d'un proche du président Liamine ZEROUAL, le général Saïdi FODHIL, ex-chef de la 4ème région militaire. Nous dit-on que son itinéraire et sa stratégie le qualifiaient pour occuper un rôle central à la fois dans l'encadrement et la modernisation de l'armée et dans l'élaboration d'une gestion de la crise plus politique que sécuritaire. D'autres enfin ont ciblé des intellectuels ou des journalistes, dont les meurtres étaient, eux aussi, toujours attribués aux groupes armés pour créer la confusion et faire basculer la société dans le camp du pouvoir. Le cas du feu Ismaïl YEFSAH, assassinat ayant provoqué un émoi général, car journaliste de la télévision algérienne, il était aimé de tout le monde.

Tous ces meurtres ont une finalité -détruire ce qui échappe, ou risque d'échapper, au contrôle du système- et un dénominateur commun : la certitude d'une totale impunité.

Le FLN et compagnies tuent et donnent les noms des victimes aux rues, écoles, monuments, aéroports, universités, afin que ça servira de rappel aux piétons, élèves, visiteurs, voyageurs et étudiants. Le FLN est une véritable calamité pour ce pays, et les enfoirés du DRS, qui ne veulent pas lâcher le pouvoir au point de sacrifier leurs rivaux et toute l’élite du pays, lui balisent le terrain.

En ce sens, de telles exécutions sont exemplaires d'une gestion de la société qui a conduit non seulement au terrible échec de la décolonisation, mais aussi aux violences à outrance qui ont ensanglanté l'Algérie à partir de 1992. Elles sont toutes aussi édifiantes des rapports malsains qui semblent devoir lier, toujours pour le pire, le régime algérien à l'ancienne puissance coloniale. Elles ont consacrées une impunité qui, depuis, ne s'est jamais démentie et a permis au régime de continuer, 45 ans après l'indépendance, de gérer aussi par la brutalité et la manipulation. Cette double composante – interne avec la volonté de priver les Algériens de leur histoire et de ceux qui ont contribué à la faire, externe avec un pouvoir assuré de l'impunité au plan international – rend les assassinats en série monnaie courante.

La complicité de l'État français, qui a tout fait pour étouffer plusieurs crimes, ayant servi souvent de catalyseur à d’autres, restera dans les annales comme la volonté d’un colonisateur blessé de se venger par personnes interposées. Autrement dit, rendre réel la prédiction de De Gaulle, faite lors d’un discours officiel, il avait annoncer que l’Algérie dans trente ans baignera dans le sang. Résultat logique à ce qui s’est passé avant, pendant et après 1962 par la prise du pouvoir d’un groupe d’ignares, présidé par le plus ignare d’entre eux, Avec la bienveillance de madame la France.

Les services spéciaux d'Alger n'ont pas seulement enlevé des hommes à leurs familles et amis. Ils ont d'abord paré au plus pressé en abattant des libres penseurs capables de doter l'opposition mais surtout l’Algérie non seulement d’organes d'expression autonome, mais des pôles autour duquel peuvent se rassembler une élite et s'organiser un mouvement. C'était là un danger potentiel réel, car beaucoup se trouvés au carrefour de diverses dynamiques émergentes en Algérie et en Europe.

Mais la Sécurité militaire avait aussi un objectif stratégique : anticiper sur l'avenir. Il fallait en effet priver des mouvements, mais aussi l'Algérie toute entière, de cadre politique hors pair ancré dans la modernité et capable d'assumer une relève des générations dans ce pays où ce passage de témoin est crucial. Cet objectif était d'autant plus crucial que la police politique savait qu'elle ne parviendrait pas à «retourner» tant d'entres eux. Car ils connaissaient trop bien la musique et le cœur du système. D'où l'hostilité toute particulière de la SM à leurs égards. Car comment pardonner à ces hommes d'avoir en quelque sorte «trahi» en s'engageant dans le combat politique public en faveur de la démocratie ? En 50 ans de règne de la SM, qui a recruté des dizaines de milliers d'agents, les dissidents qui ont osé, quitter ses rangs en dénonçant ses agissements se comptent à ce jour à peine sur les doigts d'une main…

Il ne manquait plus qu'à faire en sorte, grâce à la complicité des dirigeants français, que de pareils meurtres n'existent pas, qu'ils soient totalement rayés des mémoires et ne figurent dans aucune chronologie des événements qui ont marqué notre pays. Plus de 50 ans après, ne pas oublier beaucoup de braves hommes et combattre l'omerta qui, à Alger comme à Paris, s'acharne depuis 45 ans à effacer jusqu'à leurs existences, c'est donc évidemment un devoir de mémoire. Mais c'est aussi remonter aux origines de l'impunité dont la police politique algérienne se sent investie depuis 1962 et qu'elle a interprétée depuis comme il se devait : la possibilité de tout se permettre, partout et en toutes circonstances.

Vendredi 27 Juillet 2007

Au revoir, si retour il y a !

 

Beaucoup de gens lient beaucoup de choses relevant de la tragédie algérienne de ces 60 dernières années à Tlemcen à tord. C’est souvent par ignorance, qu’on rattache le groupe qui avait prient le pouvoir en 1962 à Tlemcen. Le seul lien avec cette belle cité, transformée par le FLN en hameau, est que ce groupe se trouvait près de Tlemcen… plus exactement aux frontières algéro-marocaines. Que certains de ses membres étaient originaires des environs de Tlemcen et n’avait rien à voir avec les Tlemceniens, qui se sont dissociés du « groupe de Tlemcen » suite aux divorces du FLN avec Messali (le PPA et le MTLD : Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Par la suite Benbella est de Maghnia (il porte en lui une haine aux Tlemceniens qu’on retrouve dans son premier discours en tant que chef d’état !), Bouteflika n’est pas de Tlemcen, ni Zerhouni, ni beaucoup de gens qui ont fait du tord à ce pays et qu’on assimile aux Tlemceniens. Les Tlemceniens durant 40 ans n’avait même pas le droit d’avoir un président de l’assemblée populaire communale originaire de Tlemcen, sauf deux marionnettes. La majorité écrasante des responsables et hauts responsables qui ont gouvernés Tlemcen pendant plus de 40 ans n’ont aucun rapport avec Tlemcen, pis ils lui ont fait beaucoup de mal et ont fait subir à ces enfants beaucoup d’injustices et d’humiliations suite à un complexe d’infériorité caché par le pouvoir, au point de vouloir changer sa composante sociale à la soviétique… mission à moitié réussie. Toutes les administrations locales ont subi un nettoyage ethnique pur et dur de tous ceux qui portaient un patronyme Tlemcenien, sauf exception bien sûr ! L’artisanat dont se vantait Tlemcen a presque disparue (elle ressemble à celle qui se trouve à Fès)… toutes les belles choses qu’on peut trouvait dans une cité musulmane du Maghreb ont disparue de Tlemcen, sauf exception. Il faut dire que d’autres belles cités d’Algérie ont subies les affres du FLN et sa gestion désastreuse. Pour finir, les Tlemceniens n’ont jamais et à aucun moment porté le FLN dans leurs cœurs. Et le résultat chaotique de sa gestion du pays pendant 45 ans de virtuelle indépendance prouve qu’ils avaient raison. L’histoire a rendu justice aux Tlemceniens qui ont subis une nouvelle injustice en 2006/2007 suite aux mésaventures du FLN, ANP, DRS et compagnies. Enfin que des salauds ! qui ont fait du mal à tout ce beau pays qui méritait des dirigeants à la hauteur et pas des groupes de bandits. Et de braves hommes ce pays ne manque pas, d’où qu’ils soient… mais, malheureusement, les esprits obscurs, qui ont gouvernés et qui gouvernent, les poussent à s’exiler. Et tant que le FLN reste au pouvoir, en bras politique du DRS et ANP, ça ne s’arrêtera pas… Hélas !

Jeudi 19 Juillet 2007

LARBI BELKHEIR
 Koul Otla fiha belkheir

Né à Frenda (près de Tiaret) en 1938, fils de caïd, sous-lieutenant de l'armée française jusqu'en 1960. Comme les anciens de l'armée française, il s'occupa de l'instruction des militaires algériens en Tunisie et ne porta jamais les armes contre la France coloniale.

1962, capitaine et chef de sous-groupement stationné à Constantine (région militaire commandée par Chadli Bendjedid). On l'envoie s'instruire chez les tavarichs (camarade en russe) et il fait l'Ecole d'état-major en URSS et devient directeur de l'infanterie.

1965, chef d'état-major à Ouargla et enfin chef d'état-major à la 2ème région militaire.

1975, Commandant, il dirige l'ENITA et se prend une magnifique villa à la peyrouse.

1978, il devient le bras droit, gauche de chadli.

1992, il préside le fameux HCS qui instaure l'état d'urgence et d'exception.

C'est l'homme araignée, il a ses pions dans tous les camps. Il a mené les négociations avec le fis en 1992. Il est l'homme de la France par excellence, il a appuyé la France sur maintes et un dossier délicat. Un de ses frères est un militaire haut gradé dans l'armée française, ce dernier a joué un rôle important pendant le règne de Mitterand.

C'est l'homme de la deboumedianisation. Il a activement contribué à effacer, tous ce qui avait attrait à l'Algérie de boumédienne.

C'est le serviteur attentionné de la famille présidentiel. Il se rapproche de la seconde épouse de Chadli, hlima bendjedid, et devient ainsi un intermédiaire influent. Un "Chayate" (servile laudateur) par excellence, Il a été  le point nodale des familles chadli/bourekba/lahouel.

Il nomme et il gomme les gens qui font partie du système. Avec hlima, larbi forme un duo terrible qui sévira pendant longtemps jusqu'a ce que Chadli somme sa chère et tendre de ne plus s'immiscer dans la politique. Hlima s'éclipse mais belkheir reste toujours.

Belkheir à toujours su profiter des occasions qui se présentait, c'est lui qui a repêché Smaïn Lamari (qui est actuellement un des homme les plus influents dans la nomenclature militaire algérienne) quand betchine l'avait viré. L'actuel patron des services Mediene toufik a une dette envers lui, belkheir l'a aidé à avoir ce poste.

On ne peut dans ses simples pages conter tous les faits et surtout méfaits de larbi belkheir. Juste après l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, Belkheir s'est retiré discrètement de la scène politico-financière algérienne, pour s'occuper de ses affaires entre Alger et les grandes capitales occidentales. Pendant cette période, il a su se faire petit et faire oublier les doutes qui entaché ses mains sur l'assassinat de Boudiaf.

Son retour en force avec son poulain Bouteflika, prouve que sa retraite fut intentionnelle et rentre dans le cadre d'une stratégie élaboré par un cabinet noir qui préside aux destinées du pays. Tout le monde sait sur Alger, que c'est lui le principal ciment et jointure entre Bouteflika et les militaires algériens. Pour illustrer, ce propos, rappelons la boutade du général major khaled Nezzar à l'encontre de Bouteflika, il l'avait traité comme étant « le pins accroché au burnous de boumédienne ». Comme par enchantement, le général fait un revirement total de position et apporte sa caution au candidat Bouteflika, Belkheir était passé auparavant le convaincre de la nécessité de l'avoir comme président de la république. Belkheir tient Nezzar, ce dernier  aurait sombré dans une pléthore d'affaires sombres et douteuses dont le meurtre de son épouse.

Après quelque «gaffes» du président Bouteflika, Belkheir s'est rapproché  à la présidence pour mieux le surveiller et faire la jonction entres le président et le pouvoir réel algérien. Belkheir devient secrétaire général à la présidence. Il a tissé un réseau de relation extrêmement puissant et efficace.

Belkheir est un homme qui a à son actif beaucoup d'affaires, de douros, de scandales et de "tbahdayel".
C'est l'homme des contrats, son nom est évoqué pour maintes et une affaire de trafics lucratifs, il aurait touché des commissions considérables sur les différents contrats que l'Algérie a signé avec ses partenaires étrangers, on en citera quelque unes. La plus célèbre est celle de la construction par les canadiens du complexe de l'ONREF  dans le quartier malfamé du clos-salembier. Même si elle est discrète, la société canadienne Lavalin est bien implanté en Algérie, elle réussi à décrocher de très gros contrat dans une totale opacité. C'est elle qui s'occupe de la reconstruction de grand hangar à l'aéroport d'Alger et aussi de la mise en oeuvre du complexe gazier de rhoude nousse. Pour le projet, "houbel", elle s'en est bien occupée en engraissant tonton Larbi. Lavalin a pratiquement à son actif le commercial VRP de rêve, Larbi Belkheir.

Une autre affaire qui a défrayer la chronique dans les années 90. C'est celle du gazoduc algéro-italien, les gouvernants à Alger ont promis de faire le ménage et d'exhumer la vérité sur les allégations de la justice italiennes sur des commissions énormes versées par les ritales à des pontes algériens pour débloquer les négociations (algéro-italienne sur le gazoduc). Un des noms cités dans les coulisses, fut bien sur, celui de notre cher Larbi. On sait qu'il est intervenu à différents moments et à différents stades pendant ces négociations. Combien aurait-il touché ?? Le nombre d'intermédiaires entres les deux parties aide à entretenir le flou et a masquer les instigateurs. La justice italienne avance le "petit" chiffre de 34 millions de dollars US de commission.

On parle aussi d'une affaire qui a allongé le fossé entre Larbi et Belloucif, c'est le contrat de la couverture aérienne refusé aux français par Belloucif et repris par Belkheir 1993, encore une prouesse à mettre sur le compte de Larbi, il aurait réussi à faire passer des vauriens qui tenait une blanchisserie a Paris comme des hommes de la grande finance internationale qui allait oeuvrer pour faire bénéficier à l'Algérie de prêts bancaire, ils ont réussi à extorquer des commissions énorme à la BEA, près de 80 millions de $ US. La BEA à versé cette commission sur différent compte suisse en attente d'un fameux prêt d'un milliard de $US. Belkheir, en a perçu aussi.

Sans parler des différentes entreprises installées dans le sud algérien qui lui rapportent des milliers de dollars par jour, il a le monopole du blé algérien. Il importe du blé, et le transforme dans les diverses minoteries qu'il possède, notamment à Tiaret et à Ouargla. Il a été derrière l'affaire Codial, par simple instruction, il a obligé cet importateur de blé à brader sa cargaison de blé  (estimé à 03 millions de dollars) bloqué pendant des semaines au port d'Alger.

En somme, pour résumer, tonton Larbi n'as rien à envier aux membres des familles royales, il est à la tête d'un empire financier occulte qui se chiffre en centaine de millions de dollars, si ce n'est plus.

Jeudi 19 Juillet 2007

Le cabinet noir

 

En Algérie les généraux se sont appropriés le pays et asservie son peuple. Des gens qui ne connaissent ni Dieu ni Prophètes et vivent dans la débauche complète ont fait des citoyens algériens des corps sans âmes. En faisant répondre la débauche ou la debush comme arme de contrôle d’une société conservatrice, ils ont fait dévier notre société des bases même de l’Islam. Nos généraux, que Dieu leurs donnent une longue vie afin qu’ils soient jugés du mal qu’ils ont fait à ce pays, sont prêt à vous offrir le pays entier en contre partie d’une belle femme et d’une bouteille de Wisky. Oui, c’est ces gens là qui gouvernent l’Algérie depuis plus de 30 ans. Alors ne vous étonnez-vous pas lorsque vous vous retrouvez face à une société algérienne qui se cherche une identité décimée par ces bandits.

Le problème de l’armée est insoluble dans la mesure où elle veut continuer, comme par le passé, à être réellement la source du pouvoir tout en apparaissant formellement comme une institution subordonnée à l’Etat et obéissant au président de la République. Les conditions politiques et idéologiques qui lui permettaient d’incarner une souveraineté arrachée au lendemain de l’indépendance sont dépassées et depuis très longtemps. La légitimité historique dont pouvait se réclamer l’Armée nationale populaire (ANP) n’est plus opérante avec le renouvellement des générations. Elle doit se borner à être une institution de l’Etat de droit. Les généraux devront alors reconnaître qu’ils ne sont que des fonctionnaires, d’un niveau certes élevé, mais sans légitimité pour désigner le président et choisir la majorité des députés. L’armée n’a pas le droit de faire de la politique, en aucun cas. La politique doit revenir aux civils mais surtout aux civilisés, qui possèdent l’art et la manière. Mais cela suppose d’abord que la Sécurité militaire cesse d’être l’épine dorsale du régime et qu’elle ne soit plus au-dessus de la gendarmerie nationale, dont elle devrait dépendre, et de la justice, à qui elle devrait rendre des comptes en cas de violation des lois de l’Etat.

Les problèmes sont trop complexes et nécessitent un Etat où le lieu du pouvoir soit clairement désigné et non caché comme il l’a été jusqu’à ce jour. Bien que de la mauvaise gestion il y a, ainsi que beaucoup d’incompétences. Il y a aussi des luttes partisanes entre gens assoiffés du pouvoir qui ont une vision très étroite de la gestion des affaires d’un pays et qui se cherches les honneurs et la richesse en occupant un poste de haute responsabilité. A cet effet, tôt ou tard il y aura l’ouverture d’enquêtes gérées par des juges intègres pour rendre justice à ce pays longtemps meurtri.

Voici quelque noms ayant figurés ou figurent au sein du cabinet noir :

Ils les nombrent en six. Deux d'entre eux contrôlent les services secrets. Deux autres verrouillent la présidence. Le cinquième commande les armées et le sixième, en retraite, est leur porte-parole. Ils sont les hommes-clés du régime.

Général Larbi Belkheir

Né en 1938 à Frenda près de Tiaret, ce sous-lieutenant de l'armée française rejoint l'ALN en 1961, à l’aube de l’indépendance. Il fait carrière dans l'ombre du colonel Chadli Bendjedid, qui deviendra président de la République en 1979. Il devient le conseiller et le confident du nouveau chef de l'Etat, puis son directeur de cabinet. Il est considéré comme l'éminence du régime. Directeur de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, actuellement Ministre d'Etat et ambassadeur d'Algérie au Maroc.

Général Khaled Nezzar

Né en 1937 à Seriana près de Batna, fils d'un sous-officier de l'armée française, il rejoint l'école des enfants de troupe de l'armée française à Koléa. Il devient sous-officier de Saint-Maixent. Il déserte et rejoint l'armée des frontières en 1958. En 1964, il entre à l'Académie militaire Frounze de Moscou, puis en 1975 à l'école de Guerre à Paris. En 1986, il devient chef des Forces terrestres. En 1988, il assure le commandement à Alger de l'état de siège pour réprimer le soulèvement populaire. Après cet épisode sa carrière connaît une ascension fulgurante. En juillet 1990, il devient ministre de la Défense, un poste réservé depuis 1965 au président de la République. Après le putsch du 11 janvier 1992, il est l'un des membres du Haut Comité d'Etat, l'autorité collégiale qui remplace le président Chadli évincé et le président Boudiaf assassiné. Actuellement retraité.

Général Mohamed Mediene, dit « Toufik »

Né en 1939, originaire de Guenzet près de Bordj-Bou-Arreridj. Produit de l'armée algérienne, il suit juste après l'indépendance une formation dans les écoles du KGB. Il devient le chef de la Sécurité militaire de la deuxième région (Oranie), qui est commandée par le colonel Chadli Bendjedid, futur chef de l'Etat. En 1986, ce protégé du général Larbi Belkheir devient chef du Département Défense et Sécurité à la présidence. En 1990, Toufik devient le chef de la DRS. En 1993, il est promu général-major. Actuellement chef de la Direction du Renseignement et de la Sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire).

Général Ismaïl Lamari, dit « Smaïn » ou « El Hadj »

Fils d'un chauffeur de taxi, né dans la banlieue est d'Alger, il rejoint très jeune les maquis de la wilaya IV (région d'Alger) de l'ALN. A l'exception d'un bref passage dans la police, cet homme du secret fait toute sa carrière dans la Sécurité militaire. Il est l'interlocuteur privilégié de la DST française (contre-espionnage), notamment pour la lutte contre les réseaux dit islamistes. Il est l'artisan de la reddition en juin 1999 de l'Armée islamique du Salut, la branche armée du FIS. Actuellement Numéro deux de la DRS, chef de la Direction du Contre-espionnage (DCE).

Général Mohamed Touati

Né à Azzefoun. Ancien élève de l'école d'artillerie de Châlons-sur-Marne, ce lieutenant de l'armée française rejoint l'ALN 1958. Surnommé El Mokh, «le Cerveau», il est considéré comme le stratège de l'armée algérienne. On le dit proche du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, le RCD, parti de Saïd Saadi. Conseiller pour la Sécurité à la présidence.

Général Mohamed Lamari

Né le 07 juin 1939 à Alger, issu de l'armée française, formé dans la cavalerie à Saumur, il rejoint l'ALN en 1961, entre à l'Académie militaire à Moscou, puis à l'école de Guerre à Paris. En 1993, il devient le chef de file des «éradicateurs» et de lutte «antiterroriste» contre les groupes armés. Chef d'état-major des armées, Actuellement retraité.

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