Présentation

intelligencia

Pseudo: Ali SAMICatégorie: Tout et rienDescription:
Le Lion indomptable intelligencia@maktoob.com
Recommander ce blog

Newsletter

Inscription à la newsletter
   3 4 5 6 7 8 9 10 11 12    
Samedi 14 Avril 2007

« La racaille » et le démago

Sarkozy ému lorsqu’il se rappelle la prière de Michel-Ange : « Seigneur accordez-moi la grâce de toujours désirer plus que je ne peux accomplir. »… La purge a commencé… La droite de Sarkozy se déleste de tous ceux qui ne font pas allégeance au candidat à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy, qui adore également les discours longs à la soviétique, les caméras et les sourires-marketing, veut succéder à Jacques Chirac à la présidence de la France. Il fait tout pour y arriver. Il active tous les réseaux qui contrôlent les médias où il intervient quand il veut et comme il veut. Les chaînes de télévisions de France 2 à TF1, lui offrent des plateaux de rêve avec des journalistes complaisants. Pire : les images sélectionnées du ministre de l’Intérieur, produites par la société ETC à la demande du candidat, sont diffusées par ces chaînes, sans mot dire. Que les syndicats dénoncent, selon Libération, « les images de propagande », cela ne fait pas scandale. L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine (Paris) n’aime pas qu’on critique sa politique. Lorsqu’il avait prononcé l’insultant « racaille » à propos de la jeunesse en colère des banlieues défavorisées, des voix s’étaient élevées pour dénoncer un discours qui rappelle cyniquement la culture xénophobe d’une certaine France colonialiste. Ministre au gouvernement de Villepin, Azouz Beggag, sociologue et écrivain d’origine algérienne, Petit-fils d’un tirailleur algérien du 23e régiment mort en 1918 dans la Somme durant la première guerre mondial, a invité son collègue à plus de retenue. Sans rougir, Sarkozy a invité Beggag à « se la fermer ». « Parce qu’un sous-ministre issu de l’immigration, Azouz Beggag, osait s’interroger sur l’inadéquation de cette injure (“racaille”, ndlr), une véritable meute de loups sarkozystes, la bave aux lèvres, se sont rués sur la “crapule”, pour le déchiqueter tous crocs dehors », écrit l’éditorialiste de Marianne, l’un des rares hebdomadaires à oser « la critique » du surmédiatisé ministre de l’Intérieur. Ministre qui, au mépris des standards internationaux des droits humains, a déclaré que les mineurs multirécidivistes, de 16 à 18 ans, devaient être punis « comme s’ils étaient majeurs ! » Aux jeunes de l’UMP, Sarkozy tient ce discours chocolaté : « La jeunesse ne doit jamais s’avouer vaincue (…) La France a besoin des rêves et des désirs de sa jeunesse. » « Y a comme un goût de démago dans la bouche de Sarko », chante la rappeuse Diam’s. C’est que le milieu artistique a plus d’audace à affronter « le système Sarko » et a rappelé que le policier en chef avait promis de « nettoyer » les cités black-beur au « Kärcher ». Dans La Face karchée de Sarkozy, publié récemment aux éditions Vents d’ouest - Fayard, Philippe Cohen, Richard Malka et Riss dressent le portrait de l’homme : « Un véritable personnage de BD. » L’élimination féroce de ses rivaux y est évoquée. Tout le monde le sait : Sarkozy, en avocat rusé, n’a pas hésité un seul instant à passer d’un camp à l’autre, à monter les uns contre les autres, à changer d’amis comme on change de chemises... Charles Pasqua, Edouar Balladur, Jacques Chirac, Alain Juppé, Dominique de Villepin, tout le monde est passé. Pis, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à mettre en difficulté la politique extérieure de son pays.

1. Séries américaines

Il a critiqué l’attitude « arrogante » de la France par rapport à l’engagement des forces US en Irak. En visite aux Etats-Unis, il a déclaré : « Jamais on ne doit chercher à mettre ses alliés dans l’embarras. On ne doit jamais donner l’impression de se réjouir des difficultés de nos alliés », avait-il lancé, oubliant probablement qu’il n’était pas ministre des Affaires étrangères. « Tant qu’on n’a pas connu de fonction dans ces domaines, il faut être attentif à bien réfléchir, à bien observer, pour ne pas défaire ce que nous avons mis longtemps à construire », a répliqué Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel chef du gouvernement. Sarkozy aime l’Amérique. Ses arguments : « Un pays avec lequel nous avons lutté pour éradiquer le nazisme et avec lequel nous luttons aujourd’hui pour vaincre le terrorisme international », a-t-il confié au quotidien Le Monde. Sérieux, il a remarqué qu’en France, TF1 vient de ... « supprimer le traditionnel film du dimanche soir au profit de séries américaines ». L’effondrement récent du parti républicain, le parti de George W. Bush, lors des récentes élections de Mid-term, son camp naturel, n’a pas suscité en lui une réaction. Sarkozy, fils d’un immigré hongrois, devenu gaulois, n’aime pas voir la Turquie prendre sa place en Europe. « L’Europe, projet politique et intégrateur majeur de la seconde moitié du XXème siècle, ne peut s’élargir indéfiniment. Notre vision n’est pas celle anglo-saxonne d’une vaste zone de libre-échange. C’est la raison pour laquelle je souhaite que la Turquie soit associée à l’Europe et pas intégrée à l’Union européenne », a-t-il déclaré. Même ministre des Cultes (fonction jamais supprimée en France depuis 1912), il défend la République laïque, veut se mêler des affaires des « musulmans de France », mais oublie de s’intéresser à l’Eglise. Il estime que le programme nucléaire de l’Iran est un danger, que l’occupant sioniste à « le droit » de se défendre lors de l’agression manifeste faite au Liban et que l’Europe doit interdire toute mesure de régularisation massive des immigrés. Même si l’Europe, en plein déclin démographique, a besoin des bras et des esprits des immigrés pour rester sur les rails. Celui qui veut faire de l’UMP, « un grand mouvement populaire », cherche à imposer « une immigration choisie ». Nicolas Sarkozy, 51 ans, cinq fois ministre depuis 1993, a déclaré à France 3 : « Je crois qu’il faut cesser avec la repentance permanente en France pour revisiter notre histoire. » L’UMP a, pour rappel, tenté, en 2005, de « glorifier » la colonisation, lui trouvant des aspects positifs.

2. Azouz Begag, un ministre en colère

C’est en ministre « en colère » que s’est exprimé Azouz Begag un 25 octobre 2006 devant la presse étrangère. Invité par le club de la presse arabe, à deux jours du premier anniversaire de la rébellion des banlieues, Azouz Begag, ministre sortant délégué à la Promotion de l’égalité des chances, s’est longuement exprimé sur les attaques médiatiques dont il était et est l’objet et la difficulté d’être « un ministre issu de l’immigration algérienne, arabe et de culture musulmane d’entrer dans un gouvernement français ».

Comme quoi même quand on est au plus haut de l’échelle sociale et qu’on a pris l’ascenseur social jusqu’au bout, on n’est pas à l’abri des discriminations lorsqu’on s’appelle « Mohamed » ou tout simplement « Azouz Begag ». Apparemment, le ministre en avait gros sur le cœur. « Le monde de la politique est cruel, difficile et hermétique. J’ai essuyé pendant de longues semaines, des mois, des questions insultantes. On me traitait d’"Arabe de service", d’"Arabe de Villepin" », a souligné Azouz Begag. Et d’ajouter que « c’est encore difficile même quand on est au plus haut niveau politique de faire état de ses talents, de ses compétences. J’ai écrit 40 livres, je suis chercheur au CNRS depuis 20 ans, je travaille sur les questions de l’égalité des chances, de l’intégration, de l’immigration depuis de longues années ». Et de s’interroger : « Est-ce que ce sont des Républicains qui veulent dire aux jeunes des banlieues que le ministre, qui assiste tous les mercredis au Conseil des ministres, n’est que "l’Arabe de service", "une caution". C’est cela la démocratie ? Ce sont des irresponsables. ».

A. Sémantique guerrière

Sur les révoltes dans les banlieues, Azouz Begag avait commencé par balayer toute idée de commémoration. « Il y a 20 ans, je disais si les autorités ne font pas l’ouverture sociale vers les banlieues, ils ne font pas entrer dans l’ascenseur social politique des enfants de banlieue, un jour, tous ces enfants vont sortir et ils vont brûler toutes les voitures. » Sur son désaccord avec le ministre de l’Intérieur sur la gestion sécuritaire de « la crise des banlieues », Azouz Begag affirmait : « Quand je me suis opposé à une sémantique que j’ai qualifiée de guerrière, d’aucuns ont dit que j’étais téléguidé. » Il martèle que l’égalité des chances ce n’est pas l’intégration. « Depuis 1975, on nous remplit la tête de ce concept creux d’intégration. » Et aussi : « Je veux que cette égalité des chances soit une exigence personnelle. La nouvelle mentalité que nous sommes en train d’installer … c’est que chaque personne qui a le sentiment d’être dans une inégalité se dise : ‘‘Pourquoi pas moi’’, et non ‘‘ce n’est pas pour moi’’. Nous avons aujourd’hui soulevé un élan vers cette exigence. ».

B. Diversité

« On n’a pas le droit de dire aux enfants qu’ils sont mort-nés quand ils habitent les banlieues. » « La diversité c’est une source de rentabilité sociale et économique. ». Sur le droit de vote des Français d’issue de l’immigration, il considère qu’« il faut donner des étapes à la démocratie », « à la participation », « si nous obtenons que les jeunes Français aillent voter plutôt que casser, retrouvent confiance dans le politique, nous aurons gagné. Je souhaite que les responsables des banlieues qui demandent à être reçus à l’Assemblée nationale et au Sénat soient candidats à ces institutions, c’est ce dont nous avons besoin. ». Selon Azouz Begag, les prochaines législatives ne feraient pas entrer plus de six députés d’origine arabe ou africaine à l’Assemblée sur 577 députés (pour une population issue de l’immigration de plus de 15 millions de personnes en France). « Il faut que les appareils politiques s’ouvrent à la diversité. » Sur l’affaire des sans-papiers de Cachan : « J’étais très mal à l’aise. Je ne supporte plus que depuis 25 ans, à chaque élection majeure, le problème de l’immigration revienne, et quand on lui associe la sécurité tout est fait pour faire monter les extrémismes. La question de l’immigration est polluée par l’utilisation politique… Le sentiment d’appartenir à l’histoire n’est pas contradictoire avec la citoyenneté française. Mes parents sont de Sétif. Je n’ai pas eu peur au moment de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 de dire que le 8 Mai 1945 c’était le massacre de ma famille. » « On est dans la construction identitaire. ».

3. La Démission fracassante de Azouz Begag

Cette fois-ci, la victime s’appelle Azouz Begag, le ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Selon toute vraisemblance, l’auteur du Gone du Chaâba n’aurait pas démissionné mais aurait été poussé vers la porte. Isolé au sein d’un gouvernement tout acquis à l’ancien ministre de l’Intérieur, Azouz Begag a rallié le candidat centriste François Bayrou. La cause de son départ serait liée à la publication d’un livre à charge contre Nicolas Sarkozy. Le titre est déjà une piqûre de rappel pour le candidat à l’Elysée. Un mouton dans la baignoire, édité par Fayard, est un clin d’œil aux propos pour le moins controversés du candidat favori des sondages et des médias. Au cours d’une émission télévisée, Nicolas Sarkozy s’était lancé dans un amalgame qui n’a rien à envier à l’extrême droite. Il avait stigmatisé les musulmans en usant de clichés éculés qui n’ont plus cours depuis plus de 20 ans. C’est d’ailleurs lors des émeutes de novembre 2005 que les deux hommes se sont affrontés la première fois. Azouz Begag n’avait pas apprécié les mots « Kärcher » et « racaille » utilisés par Sarkozy lorsqu’il était place Beauvau et il ne s’est pas gêné pour le faire savoir. Selon les premières indiscrétions parues sur Internet, Begag accuse Sarkozy dans son livre en mettant en lumière son agressivité. Ce dernier lui aurait dit après que le sociologue se soit élevé contre « la sémantique guerrière » : « Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! » Et les porte-flingues de l’ancien ministre de l’Intérieur sortent l’artillerie lourde. Brice Hortefeux, lieutenant de Sarkozy et ministre délégué aux Collectivités territoriales, l’aurait insulté lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée. « Dégage de là ! Tu n’as pas de place », aurait dit le ministre délégué. Toujours selon l’ancien sociologue d’origine algérienne, certains l’ont considéré comme un « chaouch », un « bicot de service ». La droite resserre les rangs. Après la « démission » de Begag, les seconds couteaux de l’UMP tirent à boulets rouges sur l’ex-ministre délégué. le livre est sorti ce 13 avril 2007. Lâché par de Villepin et lynché par les sarkozistes, désormais libre, Azouz Begag a décidé de briser l’omerta sarkoziste.

Vendredi 13 Avril 2007

L’ambition impatiente du président Sarkozy

Partisan du chiffre, il traque les banlieues avec une police qui se sent pousser du zèle.

Avril 1983. L’acte fondateur du «sarkozysme» politique est sa prise de la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Nicolas Sarkozy restera maire de Neuilly jusqu’en mai 2002, date à laquelle il est nommé au ministère de l’Intérieur. En novembre 2004, élu à la présidence de l’UMP, le futur candidat à l’élection présidentielle quitte le gouvernement... avant de redevenir ministre dans celui de Dominique de Villepin, en juin 2005. Le 30 novembre 2006, le président de l’UMP a franchi le pas : il est officiellement candidat à l’élection présidentielle. Partisan du chiffre, il traque les banlieues avec une police qui se sent pousser du zèle.

Le 13 février 2006, le ministre de l’Intérieur français, s’exprimant sur la radio RMC-Info, s’est déclaré favorable à la création d’un fichier national révélant les origines ethniques des délinquants. Par cette déclaration, le ministre légitime, implicitement, l’explication des comportements asociaux par l’origine ethnique, une des théories à la source de la doctrine de la «Tolérance zéro», appliquée à New York par le maire républicain.

Souvent, la presse française consacre un dossier spécial à la délinquance dont une large part est consacrée à l’origine des délinquants. Rappelons qu’un des principes fondamentaux des droits de l’Hommes est de considérer chaque homme comme libre et égal en droits, quelle que soit son origine, ce qui implique que l’État s’interdise un traitement selon les origines ethniques des individus, y compris des délinquants.

Pour sortir de la confusion et de l’orchestration de la désinformation dans laquelle nous avons été plongés dès le début des faits et en paraphrasant Dominique Franche qui a établit un méthodique travail de déconstruction de la logique de pensée ethniste, en montrant les tenants et les aboutissants, je dirai que l’analyse rigoureuse de la duplicité des gouvernements occidentaux permet de comprendre cette manipulation des masses en les divisant en communautés de la peur.

Depuis la colonisation, sous laquelle les missionnaires « pères blancs » furent les véritables importateurs de la logique raciste, le vieux dicton « diviser pour régner » fit école chez les élites occidentales... imposée à des sociétés différentes qu’ils ne cherchèrent pas à comprendre, reproduit dans les anciennes colonies le schéma qui en Europe fit des Aryens la « race supérieure », elle débouchera, entre autres, sur la discrimination systématique des populations indigènes, y compris en métropole.

Par la ‘‘droitisation’’ de son discours et le durcissement de son ton, le candidat de l’UMP cherche à débarrasser en partie la droite de ses zones d’ombre ! Fustigeant toute idée de repentance, M.Sarkozy veut assumer toute l’histoire de France. Il reçoit toutes les organisations qui ont des contentieux, c’est le cas notamment des harkis qu’il oppose aux autres beurs, des Amazighs qu’il oppose aux Arabes, des femmes qu’il incite à se révolter. Pour lui, la colonisation a du bon. « Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire » a-t-il déclaré à Nice le 30 mars 2007, « Elle n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les Droits de l’homme. Je veux dire que, pendant la guerre, tous les Français n’ont pas été pétainistes, (...) que dans les colonies, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs, il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux qui n’avaient jamais exploité personne, qui avaient construit des routes, des hôpitaux, des écoles ». Pour le politologue Dominique Reynié, M. Sarkozy avait deux choix possibles pour répondre à l’angoisse des Français face à la mondialisation : « L’exaltation de l’avenir et de l’innovation par nature anxiogène ou le retour à la tradition au risque de la glorifier à l’excès. Il choisit visiblement cette seconde solution, continue-t-il, en passant par le terrain de la révision idéologique » M. Reynié précise : « Ce faisant, il reste authentiquement un homme de droite qui pense, par exemple, qu’il y aurait un génie des peuples, une prédestination, qui les pousseraient à faire le bien ou le mal». Une sorte de destinée manifeste à l’américaine. Boulimique, hyperactif, l’homme détient un double record, difficilement égalable, celui des passages télévisés (4200 en dix ans 1996-2006), soit plus d’une fois par jour et des lois répressives. Au ministère de l’Intérieur, malgré tous ses déplacements musclés et médiatisés sur le terrain et ses onze textes de loi en cinq ans, la criminalité ordinaire a augmenté en France où la violence faite aux personnes a augmenté de 09% depuis 2002. Donnant une dimension policière à sa politique -«Je veux tout voir et tout savoir»- de sécurité avec des résultats aléatoires, il a aggravé les problèmes lancinants de la société française ; rétablissant la délation.

Ainsi, le 5 mars 2003, alors que le président français à Alger serrait la main de Yacef Saâdi, l’ancien adversaire algérien du général Jacques Massu dans la bataille d’Alger, durant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), Nicolas Sarkozy refaisait décoller, le jour même, à une heure de décalage, le premier «charter de la honte» à destination de l’Afrique, occultant ainsi l’éclat de cette réconciliation nécessaire entre l’ancien colonisateur et son ancienne possession.

L’outrage habite cet homme qui a fait de l’invective, son outil de communication privilégié. Son passage au ministère de l’Intérieur, s’il n’a pas réduit la délinquance, a, en revanche, enrichi le vocabulaire politique de deux de ses plus beaux fleurons de la stigmatisation française : Racaille et Karcher. Bon nombre d’observateurs lui imputeront l’exacerbation de la flambée périurbaine de l’automne 2005 par ses outrances verbales et ses rodomontades. Nicolas Sarkozy se choisira comme conseiller exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, M.Avi Dichter, ministre de la Sécurité publique du gouvernement d’occupation en Palestine, celui-là même qui est en charge de la répression sanguinaire de l’Intifada palestinienne. Nicolas Sarkozy est un être mal latéralisé, qui ne distingue pas sa gauche de sa droite et qui confond la droite et l’extrême-droite...Que les intellectuels de cour lui rappellent à l’occasion ces quelques vérités d’évidence : à savoir que le principal gisement de la Francophonie du XXIème siècle se situe en Algérie, au Maghreb ainsi que sur le continent noir, c’est-à-dire les destinations actuelles des «charters de la honte».

Après la sinistre aventure du colonialisme européen et surtout français de la Renaissance à nos jours, Nicolas Sarkozy donne sa définition d’un musulman: «Cela n’a rien à voir avec la religion. Quand on est Musulman, ça se voit sur la figure. Il y a bien des gens qui aimeraient ne pas l’être et qui le sont uniquement dans le regard de l’autre.» Dans la République à la mode Sarkozy, la politique migratoire se ferait en fonction du prototype identitaire français. L’immigration serait refusée à celui qui ne connaît pas la langue française, qui a une tenue vestimentaire qui dépareillerait la France, qui a un nom à consonance particulièrement étrangère et étrange, à celui qui est polygame, à celui qui égorge son mouton de l’Aïd dans une baignoire, et qui n’est pas imprégné de culture, de littérature, de civilisation française, qui n’est pas pétri du patriotisme et des «valeurs» de la République.

Les « bougnoules » de la fin du XIXème-début du XXème siècle, les « sauvageons » depuis les années 80, autant d’expressions qui trahissent l’imaginaire des Français et des Blancs en général et les vieux archétypes valorisants et bien pratiques : le « nègre Banania », le « burnous qu’il faut faire suer », le « pas de pétrole mais des idées », etc. Pourtant combien de centaines de milliers de ces « niaquoués » sont morts pour des guerres d’Occidentaux qui ne les concernaient pas, combien furent massacrés quand ils eurent le toupet de revendiquer un statut de citoyens en échange des services rendus avec leur sang ; mais ils sont restés vénus hottentotes et phénomènes de foire exposés en cage pendant les « expositions coloniales », chair à canon, chair aux nazis...

Comme un Colbert qui libérait les « esclaves » venus des îles qui posaient le pied en douce terre de France mais instaurait le sinistre Code noir de l’esclavage...Cette prétendue supériorité de l’homme blanc s’est instaurée dans les esprits d’une façon ambiguë et perverse.

L’apartheid soft à la française, dans la patrie des droits de l’Homme, l’impensé colonial, le racisme républicain (Jules Ferry), la culture de l’impunité et de l’amnésie (à propos de Papon), Pieds-noirs et Pères blancs (en Algérie)... La France sera livrée aux néocolonialistes par une politique d’intégration qui intégrera tout sauf l’indigène...

On peut ajouter, les positions actuelles des pays riches sur le « terrorisme » des minorités, « l’omerta républicaine » au pouvoir en France, la position paradoxale des USA champions autoproclamés de l’esprit libéral et de la démocratie mais surtout caution des régimes les plus injustes et réactionnaires du monde entier, la « solidarité expiatoire » du monde chrétien avec les juifs, qui lui permet de « purger » à peu de frais son passif auprès de ces derniers en « bouffant de l’Arabe » et en soutenant l’occupation de la Palestine et l’occupant sioniste dans sa guerre d’extermination du peuple palestinien.

Nous militons pour « qu’à la loi de la jungle d’un monde unipolaire propulsé par les conglomérats multinationaux », se substitue enfin une véritable « politique des égards » entre les Hommes.

Jeudi 12 Avril 2007

Indigènes
Ce que la France doit aux « Bougnoules »

Par René Naba après adaptation

René Naba revient sur l’image des noirs africains et des magrébins dans l’imaginaire français. Force est de constater qu’un demi-siècle après les indépendances, les élites françaises n’ont toujours pas rompu avec les représentations coloniales.

A l’assaut des tranchées adverses, ployant sous un déluge d’obus, suffoquant sous l’effet des gaz mortels sur les champs de bataille brumeux et venteux du Nord-est de la France, sous la glaciation hivernale des nuits noires de novembre, à des milliers de kilomètres de leur tropique natal, les grandes rasades d’alcool galvanisaient leurs ardeurs combatives à défaut d’exalter leur patriotisme.

En ces temps là, « la chair à canon » carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins les présupposés d’un peuple, les ressorts psychologiques d’une nation et la complexion mentale de ses dirigeants, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul », apporte l’alcool- finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. « Bougnoule » tire son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem. Elle finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse [1], d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral.

Curieux rapport que celui qui lie la France à sa mémoire, étrange rapport que celui qui lie ce pays à lui-même, à la fois « Patrie des lumières et des Droits de l’homme » et patrie du Code Noir de l’esclavage, le code de l’abomination, de la traite de l’Ébène et du mépris de l’Indigène. Étrangement curieux le rapport qui lie ce pays à ses alliés de la période coloniale, les peuples colonisés d’Outre-mer. Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire, goumiers algériens, spahis marocains, tirailleurs tunisiens, sénégalais et soudano-nigériens, auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

Substituer une sujétion à une autre, se faire décimer, au choix, sur les champs de bataille ou sur le terrain de la répression au retour au pays, avant d‘être mobilisé à nouveau pour la relance de l’économie de la Métropole, que de conséquences traumatiques ils pâtiront de cette « querelle de blancs ». Il n’était pas question à l’époque de « seuil de tolérance » mais de sang à verser à profusion. Beaucoup acquitteront leur tribut du sang en faisant l’apprentissage de l’ébriété, sans connaître l’ivresse de la victoire. Beaucoup survivront à l’enfer de Verdun ou de Monte Cassino avant de sombrer dans le désarroi de l’incompréhension au sein de la cohorte des alcooliques anonymes. Beaucoup en perdront la raison devant une telle aberration de comportement. Beaucoup, plus tard, bien plus tard, basculeront dans une révolte libératoire qui sonnera le glas de l’empire français.

Recru d’épreuves au terme d’une vie brève mais houleuse, Lapaye Natou, vaillant combattant de l’armée de l’Union Française, miné par les ravages de l’alcool de palme, s’effondrera un crépuscule de l’été 1961. Gisant au pied du baobab de sa ville natale de Kaolack, dans la région du Sine Salloum, au Sénégal, un des centres mondiaux de l’arachide, qui fit la fortune des comptoirs coloniaux des négociants bordelais, Lapaye Natou, -l’auteur en a été le témoin-, apostrophera dans un ultime sursaut de fierté son auditoire en ces termes : « C’est moi Lapaye Natou, l’homme de l’homme, cœur de lion, peau de panthère, l’homme qui en fait son dawar, en a Mer, en a Méditerranée, en à l’Est Baden-Baden. Celui qui me connaît ça va, celui qui ne me connaît pas tant pis ». En termes policés, c’est à dire en termes moins rudimentaires mais certainement moins expressifs, cela donnerait : « C’est moi Lapaye Natou, un être humain, courageux et résistant, un homme qui a répondu à l’appel du devoir en participant, loin de son pays natal, à tous les combats de la France, de la Méditerranée jusqu’au point de jonction des forces alliées au cœur de l’Europe. Je rends grâce à ceux qui reconnaissent ma valeur et voue aux gémonies ceux qui la méconnaissent et celle de mes semblables ». Que d’imprécations devant cette malédiction du destin auront ainsi été proférées en un siècle hors de portée de leurs véritables destinataires. Que de ressentiments étouffés dans l’anonymat le plus complet. Que de colères contenues devant tant de désinvolture à l’égard de ce que l’un des leurs, Frantz Fanon, qualifiera de « damnés de la terre » [2]. Rares sont les populations qui auront connu pareil parcours chaotique sans jamais cultiver une idéologie victimaire, sans jamais en faire usage ultérieurement dans leur combat pour leur acceptation.

Un agrégé de grammaire de l’Université française, une discipline où les lauréats sont rarissimes, qui présidera par la suite aux plus hautes destinées de son pays, Léopold Sedar Senghor [3], gratifiera ces victimes muettes de l’Histoire de la dignité de « dogues noirs de la République ». Ciselée avec soin par un orfèvre dans l’art sémantique pour affirmer sa douloureuse solidarité avec ses frères de race, cette formule passera à la postérité comme la marque de scarification morale de leurs cerbères et de leurs héritiers naturels. « Les dogues noirs de la République », anti-mémoire de la France, sa face cachée, ainsi que son prolongement conceptuel, la « Négritude », que cet enfant chéri de la Francité forgera par opposition identitaire à ses anciens maîtres, constitueront le levier d’affranchissement du continent noir, son thème mobilisateur vers son indépendance. Pur produit de la culture française, un des grands motifs internationaux de satisfaction intellectuelle de la France, théoricien du métissage culturel et de la civilisation universelle, membre de l’Académie française, condisciple du président français Georges Pompidou au lycée Louis-le-Grand à Paris, ministre de la République française et un des grands animateurs de l’Internationale socialiste, Senghor sera, inexplicablement, le grand oublié de l’énarchie française à ses obsèques à Dakar, le 20 décembre 2001, à 95 ans, qu’elle réduira à sa seule africanité, illustration symptomatique de la singularité française.

Signification étymologique

Dans les ouvrages de référence de la société savante de l’élite française, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparut en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXème siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton ». Avare de précision, la définition, sibylline, paraît quelque peu succincte. Masque-t-elle gêne, ignorance, indifférence ou volonté d’atténuation ? L’expression était-elle vraiment familière ? Serait-elle le fruit d’un paternalisme blanc de bon aloi envers de braves noirs « bons sauvages » ? Qui sont donc ces Européens qui proféraient de telles appellations injurieuses ? Des Suédois insultant des Phéniciens, les ancêtres des Carthaginois ? De quelle planète étaient-ils les habitants ? En quelle ère de notre Histoire ? Qui sont donc ces Nord-africains à l’identité mal définie qui faisaient -qui font- l’objet d’une telle interpellation ? Le dictionnaire [4] qui donnait la définition du Bougnoule date pourtant de 1979, une époque récente de l’histoire contemporaine. Il se gardait bien d’identifier les maghrébins, 30 ans après l’indépendance de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, une nouvelle fois englobés dans le même sac de leur ancienne dénomination coloniale.

Treize ans plus tard, en 1996, ce même dictionnaire, cédant sans doute à l’esprit du temps sous l’effet des revendications des mouvements associatifs et des succès remportés par les jeunes générations issues de l’immigration, en donnera une définition laconique en un style télégraphique qui masquait mal les connexions : « familier, péjoratif, injure raciste/ 2 maghrébins, arabes » sans qu’il soit précisé s’il s’agissait d’injures racistes proférées à l’encontre des arabes et des maghrébins ou des injures échangées entre eux par des arabes et des maghrébins.

Son évolution sémantique

Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », les « arabo-berbères et négro-africains » chers à Senghor, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

Loin de relever de la casuistique, l’analyse du contenu participe d’une clarification sémantique et psychologique, d’un exercice de pistage des « non-dits » de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français. Le sujet demeure largement tabou en France et le problème soigneusement occulté des manuels scolaires et débats publics. Tel un spasme, il surgit par soubresaut par suite de malencontreuses réminiscences. Craint-elle tant, la France, au point de l’exorciser, l’idée « qu’un sang impur ait abreuvé ses sillons » ? Croit-elle vraiment à la réalité d’un « sang impur » si pourtant abondamment sollicité sur les champs de bataille de Champagne-Ardenne, de Bir Hakeim, de Toubrouk, de Coufra et d’ailleurs ? [5]

Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat ne s’en impose pas moins tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil. Non pas tant par appétence polémique mais pour une œuvre de restauration de la mémoire française par la reconstitution du maillon manquant, cet assemblage des « fils visibles et invisibles qui relient les individus à leur environnement, le réel à l’Histoire » [6], une mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XXème siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

Réalité honteuse longtemps niée et même déniée par une sorte de péché d’orgueil, la permanence d’une posture du mépris et de l’irresponsabilité -la singulière « théorie du fusible à la française »- et d’une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française, caractériseront la seconde moitié du XXème siècle. La première consultation populaire à l’échelon national du XXIème siècle révélera aux Français et au monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé tout au long de la seconde moitié du XXème siècle, au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane.

« Si une France de 45 millions d’habitants s’ouvrait largement, sur la base de l’égalité des droits, pour admettre 25 millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon », prophétisait, déjà, en 1955, Claude Lévi-Strauss en un saisissant résumé de la problématique post-coloniale dans laquelle se débat la société française depuis un demi-siècle [7].

La France ne saurait être le dépotoir de l’Europe, mais ni les Arabes, pas plus que les Africains ne sauraient être l’exutoire à tous les maux de la société française. L’Histoire est incomplète sans le témoignage des perdants. La rationalité cartésienne, transcendance symbiotique de l’intelligence athénienne et de l’ordre romain, quintessence de l’esprit critique, aura ainsi engendré des monstruosités dans ses moments d’assoupissement. Nul pays n’est à l’abri de telles dérives devant les grands bouleversements de l’histoire et l’ingratitude passe pour être une loi cardinale des peuples pour leur survie. Mais l’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est toutefois antinomique d’une culture de l’impunité et de l’amnésie, une culture érigée en un dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

[1] Valmy : Première victoire militaire de la République remportée par les généraux Dumouriez et Kellermann, en 1792, dans cette localité de la Marne, elle inspira à Goethe, qui a en été le témoin, cette exclamation : « D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde ».

[2] Psychiatre et révolutionnaire d’origine martiniquaise, spécialiste du phénomène de la dépersonnalisation liée à la situation coloniale, représentant diplomatique des indépendantistes algériens au sein des instances internationales. Auteur de Peau noir, Masques blancs, 1952, Les Damnés de la terre (1961) et Pour la Révolution Africaine (1969).

[3] Léopold Sedar Senghor, décédé à 95 ans le 20 décembre 2001, a été le premier président de la République du Sénégal (1960-1980). Ni le président néogaulliste Jacques Chirac, ni le Premier ministre socialiste Lionel Jospin ne se sont rendus à ses obsèques, s’attirant de violentes critiques de la presse contre ce « manquement injustifiable ».

[4] Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française. Le Petit Robert/ Tome 1, Société du nouveau Littré. 1979. page 205.

[5] La Marseillaise, hymne national français, évoque le sang impur que le peuple verse pour défendre sa terre, par opposition au sang bleu de la noblesse partie s’allier avec les monarchies étrangères pour écraser la Révolution.

[6] Lise Sourbier-Pinter, chargée de mission à l’état-major de l’armée de terre française. Interview au journal Libération, samedi 14-Dimanche 25 juillet 2001, « Le 14 juillet symbole d’intégration des différences ».

[7] Claude Lévi-Strauss Tristes tropiques. L’ouvrage de l’ethnologue français est paru en 1955, cf. « États d’âme » par Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde 30 avril 2002.

Jeudi 12 Avril 2007
Vous vous êtes présenté comme un ami d’Israël


Cette lettre ouverte adressée le 07 août 2006 à M. Nicolas Sarkozy, Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de René Nabaa exprime un peu les interrogations des français arabes à la classe politique française qui se proclame sans cesse amie du Liban et du monde arabe, et peu elle a agi. Nous la publions après adaptation.

Monsieur le Ministre,

Vous n’avez eu de cesse depuis votre engagement dans la précampagne présidentielle à vous présenter comme un homme nouveau, répudiant des pratiques du passé largement contributives, selon vous, du discrédit de la classe politique en France.

Sur le plan international, vous vous étés présenté lors de votre émission sur TF1, dimanche 16 juillet 2006, à l’occasion du lancement de votre ouvrage d’été, ‘’ comme un ami d’Israël ’’.

Nous en prenons très volontiers acte de vos démarches et prises de position. Toutefois, en tant que citoyens français, nous vous serions infiniment gré de nous apporter les précisions suivantes sur des sujets qui posent problème à tous ceux qui comme vous sont soucieux de la bonne gouvernance de la France :

Alors que l’armée sioniste a commencé à mobiliser, vendredi 23 juillet, ses réservistes pour la poursuite de ses opérations contre le Liban, comment envisagez-vous de concilier les engagements de votre conseiller pour les affaires des sans-papiers, M. Arno Klarsfeld, et ses obligations militaires en sa qualité de réserviste de l’armée sioniste ?

Concilier ses obligations militaires vis-à-vis de l’occupant sioniste et ses fonctions auprès d’un membre du gouvernement français ?

Pensez-vous que M. Klarsfeld pourra continuer à conseiller utilement son ministre depuis le Sud-Liban, entre deux roquettes, et mener de pair ses activités militaires au Liban démoli par cette même armée sioniste ?

Le Conseil d’État, conseiller juridique du gouvernement français, a-t-il été saisi pour qu’il se prononce sur le caractère juridique de cette situation qui, de fait, entraîne la France dans une situation de guerre, via l’occupant, contre des pays tiers (aujourd’hui le Liban et la Palestine), demain probablement d’autres ?

Aussi, dans le domaine de la régularisation des sans-papiers, vous avez exigé comme préalable à leur régularisation qu’ils rompent tout lien avec leur pays d’origine. Toutefois, dans le même temps, vous embauchez un Français de souche qui, plutôt que de servir le drapeau de son pays, effectue son service militaire dans un pays étranger sous occupation, en l’occurrence la Palestine, non en exerçant une option de nationalité mais en demandant sa naturalisation.

Considérez-vous que cette dualité de situation juridique à des postes de responsabilité politique serait sans préjudice sur la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française dans la zone ?

Monsieur le Ministre,

Nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à nos interrogations légitimes, espérant vivement que vous contribuerez par la pertinence de la haute idée que vous vous faites de la France, notre pays commun, à dissiper nos troubles et à nous montrer le chemin de la cohérence intellectuelle et morale au service de la collectivité nationale.

Très respectueusement.

René Naba

Jeudi 12 Avril 2007

Ce qu’on devrait voir plus souvent

 

"DU SANG SUR VOS BUREAUX : LIBANAIS, PALESTINIEN, AFGHAN, IRAKIEN"

Encore une photo dont la presse aux ordres ne vous a pas fait profiter. Pourtant cette banderole est restée stationner pendant deux heures, lundi 21 août 2006, devant l’entrée du ministère britannique des Affaires Etrangères à Londres, bloquée par quelques dizaines de militants.

   3 4 5 6 7 8 9 10 11 12    

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus