« La racaille » et le démago
Sarkozy ému lorsqu’il se rappelle la prière de Michel-Ange : « Seigneur accordez-moi la grâce de toujours désirer plus que je ne peux accomplir. »… La purge a commencé… La droite de Sarkozy se déleste de tous ceux qui ne font pas allégeance au candidat à l’Elysée.
Nicolas Sarkozy, qui adore également les discours longs à la soviétique, les caméras et les sourires-marketing, veut succéder à Jacques Chirac à la présidence de

1. Séries américaines
Il a critiqué l’attitude « arrogante » de
2. Azouz Begag, un ministre en colère
C’est en ministre « en colère » que s’est exprimé Azouz Begag un 25 octobre 2006 devant la presse étrangère. Invité par le club de la presse arabe, à deux jours du premier anniversaire de la rébellion des banlieues, Azouz Begag, ministre sortant délégué à
Comme quoi même quand on est au plus haut de l’échelle sociale et qu’on a pris l’ascenseur social jusqu’au bout, on n’est pas à l’abri des discriminations lorsqu’on s’appelle « Mohamed » ou tout simplement « Azouz Begag ». Apparemment, le ministre en avait gros sur le cœur. « Le monde de la politique est cruel, difficile et hermétique. J’ai essuyé pendant de longues semaines, des mois, des questions insultantes. On me traitait d’"Arabe de service", d’"Arabe de Villepin" », a souligné Azouz Begag. Et d’ajouter que « c’est encore difficile même quand on est au plus haut niveau politique de faire état de ses talents, de ses compétences. J’ai écrit
A. Sémantique guerrière
Sur les révoltes dans les banlieues, Azouz Begag avait commencé par balayer toute idée de commémoration. « Il y a 20 ans, je disais si les autorités ne font pas l’ouverture sociale vers les banlieues, ils ne font pas entrer dans l’ascenseur social politique des enfants de banlieue, un jour, tous ces enfants vont sortir et ils vont brûler toutes les voitures. » Sur son désaccord avec le ministre de l’Intérieur sur la gestion sécuritaire de « la crise des banlieues », Azouz Begag affirmait : « Quand je me suis opposé à une sémantique que j’ai qualifiée de guerrière, d’aucuns ont dit que j’étais téléguidé. » Il martèle que l’égalité des chances ce n’est pas l’intégration. « Depuis 1975, on nous remplit la tête de ce concept creux d’intégration. » Et aussi : « Je veux que cette égalité des chances soit une exigence personnelle. La nouvelle mentalité que nous sommes en train d’installer … c’est que chaque personne qui a le sentiment d’être dans une inégalité se dise : ‘‘Pourquoi pas moi’’, et non ‘‘ce n’est pas pour moi’’. Nous avons aujourd’hui soulevé un élan vers cette exigence. ».
B. Diversité
« On n’a pas le droit de dire aux enfants qu’ils sont mort-nés quand ils habitent les banlieues. » « La diversité c’est une source de rentabilité sociale et économique. ». Sur le droit de vote des Français d’issue de l’immigration, il considère qu’« il faut donner des étapes à la démocratie », « à la participation », « si nous obtenons que les jeunes Français aillent voter plutôt que casser, retrouvent confiance dans le politique, nous aurons gagné. Je souhaite que les responsables des banlieues qui demandent à être reçus à l’Assemblée nationale et au Sénat soient candidats à ces institutions, c’est ce dont nous avons besoin. ». Selon Azouz Begag, les prochaines législatives ne feraient pas entrer plus de six députés d’origine arabe ou africaine à l’Assemblée sur 577 députés (pour une population issue de l’immigration de plus de 15 millions de personnes en France). « Il faut que les appareils politiques s’ouvrent à la diversité. » Sur l’affaire des sans-papiers de Cachan : « J’étais très mal à l’aise. Je ne supporte plus que depuis 25 ans, à chaque élection majeure, le problème de l’immigration revienne, et quand on lui associe la sécurité tout est fait pour faire monter les extrémismes. La question de l’immigration est polluée par l’utilisation politique… Le sentiment d’appartenir à l’histoire n’est pas contradictoire avec la citoyenneté française. Mes parents sont de Sétif. Je n’ai pas eu peur au moment de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 de dire que le 8 Mai 1945 c’était le massacre de ma famille. » « On est dans la construction identitaire. ».
3. La Démission fracassante de Azouz Begag
Cette fois-ci, la victime s’appelle Azouz Begag, le ministre délégué à
L’ambition impatiente du président Sarkozy
Partisan du chiffre, il traque les banlieues avec une police qui se sent pousser du zèle.
Avril 1983. L’acte fondateur du «sarkozysme» politique est sa prise de la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Nicolas Sarkozy restera maire de Neuilly jusqu’en mai 2002, date à laquelle il est nommé au ministère de l’Intérieur. En novembre 2004, élu à la présidence de l’UMP, le futur candidat à l’élection présidentielle quitte le gouvernement... avant de redevenir ministre dans celui de Dominique de Villepin, en juin 2005. Le 30 novembre 2006, le président de l’UMP a franchi le pas : il est officiellement candidat à l’élection présidentielle. Partisan du chiffre, il traque les banlieues avec une police qui se sent pousser du zèle.
Le 13 février 2006, le ministre de l’Intérieur français, s’exprimant sur la radio RMC-Info, s’est déclaré favorable à la création d’un fichier national révélant les origines ethniques des délinquants. Par cette déclaration, le ministre légitime, implicitement, l’explication des comportements asociaux par l’origine ethnique, une des théories à la source de la doctrine de la «Tolérance zéro», appliquée à New York par le maire républicain.
Souvent, la presse française consacre un dossier spécial à la délinquance dont une large part est consacrée à l’origine des délinquants. Rappelons qu’un des principes fondamentaux des droits de l’Hommes est de considérer chaque homme comme libre et égal en droits, quelle que soit son origine, ce qui implique que l’État s’interdise un traitement selon les origines ethniques des individus, y compris des délinquants.
Pour sortir de la confusion et de l’orchestration de la désinformation dans laquelle nous avons été plongés dès le début des faits et en paraphrasant Dominique Franche qui a établit un méthodique travail de déconstruction de la logique de pensée ethniste, en montrant les tenants et les aboutissants, je dirai que l’analyse rigoureuse de la duplicité des gouvernements occidentaux permet de comprendre cette manipulation des masses en les divisant en communautés de la peur.
Depuis la colonisation, sous laquelle les missionnaires « pères blancs » furent les véritables importateurs de la logique raciste, le vieux dicton « diviser pour régner » fit école chez les élites occidentales... imposée à des sociétés différentes qu’ils ne cherchèrent pas à comprendre, reproduit dans les anciennes colonies le schéma qui en Europe fit des Aryens la « race supérieure », elle débouchera, entre autres, sur la discrimination systématique des populations indigènes, y compris en métropole.
Par la ‘‘droitisation’’ de son discours et le durcissement de son ton, le candidat de l’UMP cherche à débarrasser en partie la droite de ses zones d’ombre ! Fustigeant toute idée de repentance, M.Sarkozy veut assumer toute l’histoire de France. Il reçoit toutes les organisations qui ont des contentieux, c’est le cas notamment des harkis qu’il oppose aux autres beurs, des Amazighs qu’il oppose aux Arabes, des femmes qu’il incite à se révolter. Pour lui, la colonisation a du bon. « Je suis de ceux qui pensent que
Ainsi, le 5 mars 2003, alors que le président français à Alger serrait la main de Yacef Saâdi, l’ancien adversaire algérien du général Jacques Massu dans la bataille d’Alger, durant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), Nicolas Sarkozy refaisait décoller, le jour même, à une heure de décalage, le premier «charter de la honte» à destination de l’Afrique, occultant ainsi l’éclat de cette réconciliation nécessaire entre l’ancien colonisateur et son ancienne possession.
L’outrage habite cet homme qui a fait de l’invective, son outil de communication privilégié. Son passage au ministère de l’Intérieur, s’il n’a pas réduit la délinquance, a, en revanche, enrichi le vocabulaire politique de deux de ses plus beaux fleurons de la stigmatisation française : Racaille et Karcher. Bon nombre d’observateurs lui imputeront l’exacerbation de la flambée périurbaine de l’automne 2005 par ses outrances verbales et ses rodomontades. Nicolas Sarkozy se choisira comme conseiller exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, M.Avi Dichter, ministre de
Après la sinistre aventure du colonialisme européen et surtout français de
Les « bougnoules » de la fin du XIXème-début du XXème siècle, les « sauvageons » depuis les années 80, autant d’expressions qui trahissent l’imaginaire des Français et des Blancs en général et les vieux archétypes valorisants et bien pratiques : le « nègre Banania », le « burnous qu’il faut faire suer », le « pas de pétrole mais des idées », etc. Pourtant combien de centaines de milliers de ces « niaquoués » sont morts pour des guerres d’Occidentaux qui ne les concernaient pas, combien furent massacrés quand ils eurent le toupet de revendiquer un statut de citoyens en échange des services rendus avec leur sang ; mais ils sont restés vénus hottentotes et phénomènes de foire exposés en cage pendant les « expositions coloniales », chair à canon, chair aux nazis...
Comme un Colbert qui libérait les « esclaves » venus des îles qui posaient le pied en douce terre de France mais instaurait le sinistre Code noir de l’esclavage...Cette prétendue supériorité de l’homme blanc s’est instaurée dans les esprits d’une façon ambiguë et perverse.
L’apartheid soft à la française, dans la patrie des droits de l’Homme, l’impensé colonial, le racisme républicain (Jules Ferry), la culture de l’impunité et de l’amnésie (à propos de Papon), Pieds-noirs et Pères blancs (en Algérie)...
On peut ajouter, les positions actuelles des pays riches sur le « terrorisme » des minorités, « l’omerta républicaine » au pouvoir en France, la position paradoxale des USA champions autoproclamés de l’esprit libéral et de la démocratie mais surtout caution des régimes les plus injustes et réactionnaires du monde entier, la « solidarité expiatoire » du monde chrétien avec les juifs, qui lui permet de « purger » à peu de frais son passif auprès de ces derniers en « bouffant de l’Arabe » et en soutenant l’occupation de
Nous militons pour « qu’à la loi de la jungle d’un monde unipolaire propulsé par les conglomérats multinationaux », se substitue enfin une véritable « politique des égards » entre les Hommes.
Indigènes
Ce que
Par René Naba après adaptation
René Naba revient sur l’image des noirs africains et des magrébins dans l’imaginaire français. Force est de constater qu’un demi-siècle après les indépendances, les élites françaises n’ont toujours pas rompu avec les représentations coloniales.
A l’assaut des tranchées adverses, ployant sous un déluge d’obus, suffoquant sous l’effet des gaz mortels sur les champs de bataille brumeux et venteux du Nord-est de
En ces temps là, « la chair à canon » carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins les présupposés d’un peuple, les ressorts psychologiques d’une nation et la complexion mentale de ses dirigeants, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul », apporte l’alcool- finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. « Bougnoule » tire son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem. Elle finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de
Curieux rapport que celui qui lie
Substituer une sujétion à une autre, se faire décimer, au choix, sur les champs de bataille ou sur le terrain de la répression au retour au pays, avant d‘être mobilisé à nouveau pour la relance de l’économie de
Recru d’épreuves au terme d’une vie brève mais houleuse, Lapaye Natou, vaillant combattant de l’armée de l’Union Française, miné par les ravages de l’alcool de palme, s’effondrera un crépuscule de l’été 1961. Gisant au pied du baobab de sa ville natale de Kaolack, dans la région du Sine Salloum, au Sénégal, un des centres mondiaux de l’arachide, qui fit la fortune des comptoirs coloniaux des négociants bordelais, Lapaye Natou, -l’auteur en a été le témoin-, apostrophera dans un ultime sursaut de fierté son auditoire en ces termes : « C’est moi Lapaye Natou, l’homme de l’homme, cœur de lion, peau de panthère, l’homme qui en fait son dawar, en a Mer, en a Méditerranée, en à l’Est Baden-Baden. Celui qui me connaît ça va, celui qui ne me connaît pas tant pis ». En termes policés, c’est à dire en termes moins rudimentaires mais certainement moins expressifs, cela donnerait : « C’est moi Lapaye Natou, un être humain, courageux et résistant, un homme qui a répondu à l’appel du devoir en participant, loin de son pays natal, à tous les combats de
Un agrégé de grammaire de l’Université française, une discipline où les lauréats sont rarissimes, qui présidera par la suite aux plus hautes destinées de son pays, Léopold Sedar Senghor [3], gratifiera ces victimes muettes de l’Histoire de la dignité de « dogues noirs de
Signification étymologique
Dans les ouvrages de référence de la société savante de l’élite française, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparut en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXème siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton ». Avare de précision, la définition, sibylline, paraît quelque peu succincte. Masque-t-elle gêne, ignorance, indifférence ou volonté d’atténuation ? L’expression était-elle vraiment familière ? Serait-elle le fruit d’un paternalisme blanc de bon aloi envers de braves noirs « bons sauvages » ? Qui sont donc ces Européens qui proféraient de telles appellations injurieuses ? Des Suédois insultant des Phéniciens, les ancêtres des Carthaginois ? De quelle planète étaient-ils les habitants ? En quelle ère de notre Histoire ? Qui sont donc ces Nord-africains à l’identité mal définie qui faisaient -qui font- l’objet d’une telle interpellation ? Le dictionnaire [4] qui donnait la définition du Bougnoule date pourtant de 1979, une époque récente de l’histoire contemporaine. Il se gardait bien d’identifier les maghrébins, 30 ans après l’indépendance de l’Algérie, du Maroc et de
Treize ans plus tard, en 1996, ce même dictionnaire, cédant sans doute à l’esprit du temps sous l’effet des revendications des mouvements associatifs et des succès remportés par les jeunes générations issues de l’immigration, en donnera une définition laconique en un style télégraphique qui masquait mal les connexions : « familier, péjoratif, injure raciste/ 2 maghrébins, arabes » sans qu’il soit précisé s’il s’agissait d’injures racistes proférées à l’encontre des arabes et des maghrébins ou des injures échangées entre eux par des arabes et des maghrébins.
Son évolution sémantique
Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de
Loin de relever de la casuistique, l’analyse du contenu participe d’une clarification sémantique et psychologique, d’un exercice de pistage des « non-dits » de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français. Le sujet demeure largement tabou en France et le problème soigneusement occulté des manuels scolaires et débats publics. Tel un spasme, il surgit par soubresaut par suite de malencontreuses réminiscences. Craint-elle tant,
Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat ne s’en impose pas moins tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil. Non pas tant par appétence polémique mais pour une œuvre de restauration de la mémoire française par la reconstitution du maillon manquant, cet assemblage des « fils visibles et invisibles qui relient les individus à leur environnement, le réel à l’Histoire » [6], une mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de
Réalité honteuse longtemps niée et même déniée par une sorte de péché d’orgueil, la permanence d’une posture du mépris et de l’irresponsabilité -la singulière « théorie du fusible à la française »- et d’une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française, caractériseront la seconde moitié du XXème siècle. La première consultation populaire à l’échelon national du XXIème siècle révélera aux Français et au monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé tout au long de la seconde moitié du XXème siècle, au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane.
« Si une France de 45 millions d’habitants s’ouvrait largement, sur la base de l’égalité des droits, pour admettre 25 millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon », prophétisait, déjà, en 1955, Claude Lévi-Strauss en un saisissant résumé de la problématique post-coloniale dans laquelle se débat la société française depuis un demi-siècle [7].
[1] Valmy : Première victoire militaire de
[2] Psychiatre et révolutionnaire d’origine martiniquaise, spécialiste du phénomène de la dépersonnalisation liée à la situation coloniale, représentant diplomatique des indépendantistes algériens au sein des instances internationales. Auteur de Peau noir, Masques blancs, 1952, Les Damnés de la terre (1961) et Pour
[3] Léopold Sedar Senghor, décédé à 95 ans le 20 décembre
[4] Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française. Le Petit Robert/ Tome 1, Société du nouveau Littré. 1979. page 205.
[5]
[6] Lise Sourbier-Pinter, chargée de mission à l’état-major de l’armée de terre française. Interview au journal Libération, samedi 14-Dimanche 25 juillet 2001, « Le 14 juillet symbole d’intégration des différences ».
[7] Claude Lévi-Strauss Tristes tropiques. L’ouvrage de l’ethnologue français est paru en 1955, cf. « États d’âme » par Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde 30 avril 2002.
Cette lettre ouverte adressée le 07 août 2006 à M. Nicolas Sarkozy, Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de René Nabaa exprime un peu les interrogations des français arabes à la classe politique française qui se proclame sans cesse amie du Liban et du monde arabe, et peu elle a agi. Nous la publions après adaptation.
Monsieur le Ministre,
Vous n’avez eu de cesse depuis votre engagement dans la précampagne présidentielle à vous présenter comme un homme nouveau, répudiant des pratiques du passé largement contributives, selon vous, du discrédit de la classe politique en France.
Sur le plan international, vous vous étés présenté lors de votre émission sur TF1, dimanche 16 juillet 2006, à l’occasion du lancement de votre ouvrage d’été, ‘’ comme un ami d’Israël ’’.
Nous en prenons très volontiers acte de vos démarches et prises de position. Toutefois, en tant que citoyens français, nous vous serions infiniment gré de nous apporter les précisions suivantes sur des sujets qui posent problème à tous ceux qui comme vous sont soucieux de la bonne gouvernance de
Alors que l’armée sioniste a commencé à mobiliser, vendredi 23 juillet, ses réservistes pour la poursuite de ses opérations contre le Liban, comment envisagez-vous de concilier les engagements de votre conseiller pour les affaires des sans-papiers, M. Arno Klarsfeld, et ses obligations militaires en sa qualité de réserviste de l’armée sioniste ?
Concilier ses obligations militaires vis-à-vis de l’occupant sioniste et ses fonctions auprès d’un membre du gouvernement français ?
Pensez-vous que M. Klarsfeld pourra continuer à conseiller utilement son ministre depuis le Sud-Liban, entre deux roquettes, et mener de pair ses activités militaires au Liban démoli par cette même armée sioniste ?
Le Conseil d’État, conseiller juridique du gouvernement français, a-t-il été saisi pour qu’il se prononce sur le caractère juridique de cette situation qui, de fait, entraîne
Aussi, dans le domaine de la régularisation des sans-papiers, vous avez exigé comme préalable à leur régularisation qu’ils rompent tout lien avec leur pays d’origine. Toutefois, dans le même temps, vous embauchez un Français de souche qui, plutôt que de servir le drapeau de son pays, effectue son service militaire dans un pays étranger sous occupation, en l’occurrence
Considérez-vous que cette dualité de situation juridique à des postes de responsabilité politique serait sans préjudice sur la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française dans la zone ?
Monsieur le Ministre,
Nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à nos interrogations légitimes, espérant vivement que vous contribuerez par la pertinence de la haute idée que vous vous faites de
Très respectueusement.
René Naba
Ce qu’on devrait voir plus souvent
"DU SANG SUR VOS BUREAUX : LIBANAIS, PALESTINIEN, AFGHAN, IRAKIEN"
Encore une photo dont la presse aux ordres ne vous a pas fait profiter. Pourtant cette banderole est restée stationner pendant deux heures, lundi 21 août 2006, devant l’entrée du ministère britannique des Affaires Etrangères à Londres, bloquée par quelques dizaines de militants.


