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Mardi 17 Avril 2007

Un volcan social en réponse à une crise politique

Alors que certains comparent la « rébellion des Banlieues en France » au mouvement des « droits civiques » qui a eu lieu aux États-Unis pendant les années 60, d’autres y voyaient la preuve d’un échec de la politique sociale française, ou la politique poste-coloniale française. D’ailleurs, la participation des non arabes et de non musulmans est la preuve que les événements en question n’avaient pas, ou avaient peu, une dimension religieuse, et n’avaient rien à voir avec l’extrémisme.

Le fait d’établir une comparaison entre le mouvement cité auparavant et les événements dans les banlieues françaises à de quoi interpeller. Ainsi, les conditions dans ces banlieues et celles de ville des États-Unis, telle la Nouvelle Orléans, sont presque identiques. Surtout après le passage du cyclone « Katrina » qui a démasqué la réalité de la discrimination qui caractérise toujours la politique américaine, l’administration Bush en particulier, envers les minorités visibles (par la couleur de peau ou par la religion). Cet ouragan doit déclencher une révolution, à tous les niveaux, dans les bas quartiers des villes américaines principalement dans le sud du pays, où les noirs, tels les arabes et les musulmans dans la banlieue française, sont opprimés. Ce cyclone est aussi un avertissement adressé aux hauts responsables états-uniens qui doivent accorder plus d’importance aux populations marginalisées.

L’étendu des manifestations, des incendies de voitures et de lieux publics en France est la preuve que la situation est beaucoup plus compliquée et très préoccupante. Ceci exprime, entre autre que le niveau d’absorption de l’humiliation et de tolérance de la marginalisation est irréversiblement dépassé. La politique sociale française, et même la politique française tout court, doit être mise en cause. Donc, avant de juger ou de préjuger des manifestants, il faut réexaminer cette politique pour mettre le doigt sur ses avantages et ses inconvénients. Les politiques gouvernementales en France ne cessent pas de multiplier les contradictions intérieures qui produisent, par la suite, ce genre d’événements.

Quant à Nicolas Sarkozy, il préfère adopter les méthodes de répressions anti-palestiniennes. Pour rappel, le ministre de la Sécurité publique du gouvernement d’occupation sioniste de la Palestine Gideon Ezra, assisté de son directeur de la police Moshe Karadi, a rencontré Nicolas Sarkozy, le mois de décembre 2005, afin de le conseiller sur les méthodes de répression à adopter contre les émeutes.

Érigé en modèle, Gideon Ezra, connu pour ses déclarations anti-arabes, a ainsi prodigué ses conseils aux forces de police françaises de contrôle des foules. Les discussions ont également porté sur les moyens de resserrer la coopération des forces de police sionistes et françaises en matière de lutte contre ce qu’ils qualifient de terrorisme.

Éludée par les médias français, la rencontre que les principaux instigateurs se sont gardés de commenter a été très largement relatée et analysée par la presse sioniste, qui a insistait sur l’exemplarité de la police sioniste ! Reconnue dans le monde pour sa capacité à « lutter contre le terrorisme et réprimer les émeutes »… « Ce savoir faire pourrait être utile à la France en cas d’émeutes semblables à celles du mois de novembre 2005. ». En termes plus clairs, la police sioniste apprendra à la police française comment « casser de l’arabe », bien que les banlieues ne sont pas peuplées que d’arabe.

Les ruines et destructions qui ont eu lieu en France, suite aux manifestations en question, n’ont pas uniquement atteint les voitures et les propriétés publiques ou privées, mais aussi, par ricochet, la crédibilité des responsables politiques et la solvabilité de la république laïque dont ils se vantent. Et si les manifestations ont trouvé leur fin, ce n’est surtout pas parce que le problème a été réglé, mais suite à la prise et la mise en œuvre de différentes mesures sécuritaires dont, entre autres, le « couvre feu ». Pire, les responsables n’ont pas cherché à comprendre les vraies causes d’une telle situation. Sûrement, le capitalisme à outrance, qui s’est renforcé suite aux développements économiques réalisés par les pays industriels, dont la France, au cours des trois dernières décennies, a produit des déséquilibres sociaux entre les riches et les pauvres, en permettant aux riches de décupler leurs fortunes (entre autre par le billet des stock options) et en rendant les pauvres plus pauvre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ces déséquilibres risquent d’enflammer d’autres mouvements sociaux partout dans le monde. Car aucune société ne peut se prévaloir être démocratique, prônant la citoyenneté comme instrument d’égalité des chances, ayant le sens de la morale, de l’éthique et des droits de l’Hommes et qu’en même temps une large partie de sa propre population souffre au quotidien au point de tout brûler.

katrina-Apartheid

Lundi 16 Avril 2007

L’immigration a toujours été choisie

 
Sarkozy expulse les enfants de ceux qui ont défendu puis construit la France.

"La France n’a pas économiquement besoin de l’Afrique"

Nicolas Sarkozy, Bamako 18 mai 2006.

 

L’unanimité de la France, de la Gauche à la droite extrême, envers les Maghrébins et les Noirs

Par la loi inique du 17 mai 2006, sur l’immigration choisie, Nicolas Sarkozy fait la loi, il surfe sur les peurs de Français en leur donnant un bouc émissaire - l’immigré et par extension le beur - par ces temps en France qui sont au désenchantement. Cela me rappelle une expression d’un historien qui tentait d’expliquer l’invasion de l’Algérie. Il parlait alors de « la morosité du peuple désireux de redorer un blason terni par l’exil de Napoléon, et aussi de la nécessité de trouver un exutoire aux ambitions impatientes de la France ». Nous y voilà, les ambitions impatientes pour être président ne passent pas forcément par la nécessité de brimer des enfants, descendants de ceux qui ont défendu et construit la France à une époque où plusieurs hommes politiques sont issus de pays ennemis de la France.

L’unanimité de la France qui se vérifie dans les heures difficiles telles que, par exemple, la loi sur le foulard, se vérifie aussi d’une façon ou d’une autre s’agissant de la position sur l’immigration. Voici quelques phrases, souvent controversées, prononcées par les responsables politiques français sur la question de l’immigration qui nous permettent de vérifier l’unanimité du message formulé de façon différente.

Pour François Mitterrand : " La France ne compte aujourd’hui pas plus d’immigrés qu’en 1982 et pas plus qu’en 1975 par rapport à la population française qui s’est accrue". "Le seuil de tolérance a été atteint dans les années 1970 et il n’y a pas eu depuis d’aggravation" (10 décembre 1989).

Son premier ministre Michel Rocard est resté célèbre par une petite phrase reprise à qui mieux-mieux par la droite et l’extrême droite : "Le temps de l’accueil de main-d’œuvre étrangère relevant de solutions plus ou moins temporaires est donc désormais révolu" et "nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde" (7 janvier 1990).

Pour Jacques Chirac : "Le travailleur français qui habite à la Goutte d’or et qui voit sur le palier à côté de son HLM, une famille avec un père, trois ou quatre épouses, une vingtaine de gosses, qui touche 50.000 F de prestations sociales sans travailler. Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, le travailleur français sur le palier, il devient fou. Ce n’est pas être raciste que de dire que nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial" (20 juin 1991).

Mr Maigret ex Front National utilisera souvent l’argumentaire de monsieur Chirac.

Pour Edith Cresson c’est plus poétique, elle fait, même, dans l’humour : "Les charters, ce sont des gens qui partent en vacances avec des prix inférieurs. Là, ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances. Ce sera pour reconduire des gens dans leur pays lorsque la justice française aura établi qu’ils n’ont pas le droit d’être chez nous" (8 juillet 1991).

Valéry Giscard d’Estaing dont on connaît les postions tranchés sur la civilisation chrétienne et sur l’homme Blanc nous met en garde contre un possible 732 qu’on ne peut conjurer que la pureté du sang (limpeza de sangre dirait le cardinal Cisneros responsable de la mort de milliers d’Andalous et de l’expulsion de dizaines de milliers d’autres) : "Le type de problème auquel nous aurons à faire face se déplace de celui de l’immigration vers celui de l’invasion (...) La facilité des déplacements et l’ouverture des frontières recommandent de revenir à la conception traditionnelle de l’acquisition de la nationalité française : celle du droit du sang" (21 septembre 1991).

Pour Charles Pasqua qui assume sa xénophobie maghrébine : "L’objectif que nous nous assignons, compte tenu de la gravité de la situation économique, c’est de tendre vers une immigration zéro" (1er juin 1993).

Le seul qui est constant dans ses positions est Jean-Marie Le Pen : "L’interruption volontaire de nationalité" contribue à "peupler la France d’une masse passive et hétérogène d’individus sans repères" et à la transformer en "satrapie du nouvel ordre mondial" (3 octobre 1998).

Le dernier Nicolas Sarkozy qui veut chasser sur les terres de tout le monde pour arriver en rajoute : "Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter" (22 avril 2006, paraphrasant un slogan utilisé par le Front national de la jeunesse puis par le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers). [1].

La France vient de voter une deuxième loi Sarkozy encore plus coercitive que la précédente du même Sarkozy. Pourtant la législation européenne, la politique relative à l’immigration se place dans le cadre de l’espace de liberté, de sécurité et de justice institué par le traité d’Amsterdam (titre IV). Le Conseil européen de Tampere, réuni sous présidence finlandaise en octobre 1999, a programmé la réalisation de cet espace pour fin 2004. Un grand nombre d’engagements demandent toutefois encore à être traduits dans la législation européenne et les directives adoptées dans ce cadre ne sont pas toutes transposées intégralement dans les législations nationales. Le droit au regroupement familial : directive 2003/86/CE du Conseil, du 22 septembre 2003. Le statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée : la directive 2003/109/CE du Conseil, du 25 novembre 2003, harmonise les législations des États membres, qui doivent reconnaître un statut de « résident de longue durée » obtenu après cinq années de résidence légale et ininterrompue. Ce statut est lié à la possession de ressources stables et suffisantes sans avoir recours à l’aide sociale. [2].

La loi votée en France sur l’immigration est en totale contradiction avec les directives européennes

En Grande Bretagne : Semblable dans son principe aux systèmes canadien, australien et néo-zélandais, la loi britannique attribue des "points" aux candidats à l’immigration en fonction de leur âge, métier et diplômes. Certaines catégories, comme les entrepreneurs, scientifiques, médecins, ingénieurs, informaticiens et financiers, pourront entrer dans le pays sans offre d’emploi préalable et amener leur famille. Les travailleurs peu qualifiés hors-Union européenne devront pour leur part répondre à une offre précise, pour une durée fixée à l’avance et avec la garantie de leur départ à l’issue du contrat. La loi prévoit également l’enregistrement des empreintes digitales des candidats à l’immigration et des restrictions aux droits d’appel des candidats à l’immigration déboutés.

En Allemagne : la nouvelle loi sur l’immigration a été promulguée le 5 août 2004 et est entrée en vigueur le 1er janvier 2005. La nouvelle loi définit pour la première fois le visa comme un titre de séjour autonome. Ceci ne s’applique qu’aux titres de séjour obtenus après l’entrée en Allemagne. Pour les séjours plus longs, on fait encore la distinction entre le permis de séjour (à durée limitée) et le permis d’établissement (à durée illimitée). Pour entrer la première fois en Allemagne, il reste indispensable de posséder un visa pour le territoire fédéral (visa national), qui sera transformé ensuite en Allemagne en permis de séjour ou d’établissement. Le statut de réfugié est désormais octroyé même en cas de persécution par des acteurs non-étatiques, sur le modèle de la directive européenne établissant des normes minimales pour prétendre au statut de réfugié. Les réglementations relatives au regroupement familial et à l’entrée ultérieure des enfants n’ont pas beaucoup changé par rapport à la législation actuelle sur les étrangers. L’étranger sollicitant le regroupement familial doit posséder un permis d’établissement ou de séjour et mettre à disposition un logement de taille suffisante.

En Espagne : Le gouvernement Zapatero a régularisé environ 700.000 immigrés clandestins entre février et mai 2005. Certains pays membres de l’espace de Schengen, comme l’Allemagne, ont critiqué cette mesure car les immigrés munis de papiers attribués par l’Espagne peuvent ensuite circuler librement dans les autres pays.

Au Pays-Bas : Les étrangers doivent passer un test d’immigration sur la culture et la langue néerlandaises. Les cours de langue sont obligatoires et gratuits pour les nouveaux arrivants. Un projet de loi prévoit de faire passer ce test à des immigrés présents depuis longtemps sur le sol des Pays-Bas. La municipalité de droite d’Amsterdam a édicté en janvier 2006 un code de bonne conduite aux étrangers qui leur impose d’utiliser le néerlandais dans les lieux publics [2]. Depuis le changement de majorité, l’application en est suspendue.

En Italie : En 2006, 170.000 immigrés pourront entrer légalement en Italie. Chaque année, un quota est ainsi déterminé en fonction des besoins du marché du travail et des capacités d’intégration économique du pays. 500.000 autres immigrés seront régularisés avec le gouvernement Prodi.

Au Canada : L’entrée sur le territoire se fait après examen d’un dossier dépendant de l’attribution de points suivant la profession, l’âge, les langues maîtrisées, etc. La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) est devenue loi le 28 juin 2002. Cette loi remplace l’ancienne Loi sur l’immigration. Elle tient compte de l’apport des immigrants et des réfugiés à l’édification du Canada. Elle invite les travailleurs ayant des compétences diverses à choisir le Canada, et elle favorise le regroupement rapide des familles. La LIPR est stricte avec ceux qui menacent la sécurité de la société canadienne. Mais elle maintient les traditions du Canada, en offrant le refuge à ceux qui en ont besoin.

La politique américaine de l’immigration

Les États-Unis accordent environ 675.000 visas aux immigrants chaque année, mais ceux-ci sont limités à 20.000 par pays. La règle est celle de l’ordre chronologique des demandes ; il existe deux grandes causes principales d’immigration : le regroupement familial et la recherche d’un travail. Depuis 1990, l’organisation passe aussi par l’attribution ou non de carte verte donnée à l’issue d’une loterie due à une forte demande. La carte verte n’est cependant utile que pour devenir salarié aux États-Unis, pas pour y créer une entreprise. En raison d’une tradition de droit du sol, tout enfant né sur le territoire des États-Unis peut être déclaré citoyen américain. Le mariage avec une personne de nationalité américaine ne confère pas en revanche par ce seul fait la nationalité de ce pays.

Plus de 11 millions d’immigrés illégaux vivent aux Etats-Unis - dont plus des trois quarts viennent d’Amérique latine et la moitié du Mexique -, où ils constituent une grande partie de la main-d’œuvre dans des secteurs comme la construction ou l’agriculture. Le Sénat a adopté, jeudi 25 mai 2006, une réforme mesurée de l’immigration. Dans une atmosphère politique américaine d’ordinaire tendue et divisée, le Sénat est parvenu à un accord rassemblant des républicains et des démocrates. La loi proposée reste dans l’esprit des mesures voulues par le président George Bush, qui souhaite l’accueil des immigrants et le renforcement des lois contre les illégaux. Comme le discours présidentiel, elle manie la carotte et le bâton.

Ceux qui sont présents depuis cinq ans pourront, selon le Sénat, demander la nationalité américaine, à condition de ne pas avoir été condamné et d’apprendre l’anglais. Fin 2005, les Sénateurs avaient proposé une loi se limitant à verrouiller les frontières et à considérer l’entrée illégale sur le territoire américain comme un crime. Des millions de Latinos ont défilé dans plusieurs villes pour protester. Le Parti républicain est fortement divisé entre ceux qui défendent "une nation d’immigrants", comme l’a rappelé George Bush lors de son allocution du 15 mai 2006, et ceux qui redoutent une perte de l’identité américaine [3].

Cependant le président Bush a décidé de mobiliser la garde nationale à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour renforcer les contrôles et empêcher l’immigration illégale. Il a annoncé sa décision, lundi 15 mai 2006, dans une adresse télévisée à la nation. A un moment où sa popularité a encore baissé, et notablement parmi l’électorat conservateur, George Bush espère remobiliser sa base, pour qui la protection des frontières est devenue un sujet aussi important que le prix de l’essence et la guerre en Irak. Plusieurs milliers de ses membres devraient être positionnés le long des 3.200 km de frontière. Ils ne seraient pas en première ligne mais viendraient en appui de la police des frontières (Border Patrol), une force qui ne compte que 12.000 hommes mais dont le nombre devrait doubler d’ici cinq ans, selon le projet de loi en discussion au Sénat.

Cette décision intervient à un moment où la cote de popularité de M. Bush est tombée à 31 %, selon deux sondages parus il y a une semaine. La « journée sans immigrés », le 1er mai qui invitait le 1er mai les immigrés, réguliers et sans-papiers, à boycotter le travail, l’école, la consommation, afin de démontrer en force leur présence et leur poids économiques, a connu une mobilisation variant selon les régions.

Les réactions des pays africains à la loi sur l’immigration

« Sarko, raciste ! Sarko, dehors ! » pouvait-on lire sur les banderoles lors de la visite, la semaine dernière, du ministre de l’Intérieur au Mali et au Bénin. Alors qu’en France Sarkozy insiste sur l’adjectif « choisie », en Afrique il a précisé que, « dans immigration choisie, il y a d’abord immigration ». "Ce n’est pas honnête de vouloir prendre nos diplômés, alors que je dépense beaucoup d’argent pour les former", déclare le président Abdoulaye Wade, qui s’élève à nouveau contre l’immigration "choisie". Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, a une fois de plus exprimé ses réticences, lundi 22 mai 2006, face à la loi française sur l’immigration "choisie". "Moi, en tant que président du Sénégal, je suis contre l’émigration et je ne choisirai rien du tout", "Je ne veux pas que les jeunes qualifiés s’en aillent" "La France devrait avoir une autre attitude à notre égard plutôt que de nous prendre les cadres que nous formons", "M. Sarkozy peut avoir la politique qu’il veut. Mais ce n’est pas honnête de vouloir prendre nos diplômés, alors que je dépense beaucoup d’argent pour les former. Je consacre 40% de mon budget à l’éducation et je ne veux pas que les ingénieurs, les jeunes qualifiés s’en aillent". [4].

« Clearstream, écrit Eric Fottorino, pour Sarkozy, rime avec victime, la question de l’immigration choisie montre que le ministre de l’intérieur peut aussi montrer les dents, comme on le sait depuis la crise des banlieues et l’usage verbal du Kärcher. "La France n’a pas économiquement besoin de l’Afrique", a déclaré Sarko la semaine dernière à Bamako, lors d’un débat houleux. Propos bien imprudent pour des raisons au moins pétrolières. Et si la France peut se passer de l’Afrique, l’Afrique, elle, peut se passer du mépris de Sarkozy. » [5].

Proférer de telles insanités au Mali, très ancienne et prestigieuse civilisation, est injurieux envers l’Histoire. Espérons qu’il a compris l’expression du "peuple migrateur" employée par le premier ministre malien à propos de son peuple. Sarkozy méprise, tout un continent, et dévoile au passage sa méconnaissance des enjeux économiques considérables que représentent d’ores et déjà l’Afrique ; Après avoir construit sa puissance et son train de vie en exploitant de lointaines contrées, particulièrement en Afrique, la France n’en reste pas moins liée à l’Afrique à travers les sociétés qui continue d’y exploiter des ressources. La Chine déploie des efforts considérables pour s’y implanter. Pure philanthropie sans doute trouverait à redire les conseillers du « Sans peur et sans reproche ».

Les conséquences : les expulsions en masse, même des enfants ... français mais colorés

Par pure et mauvaise coïncidence écrit Pierre Morville, alors que les députés français discutaient du projet de loi sur l’immigration qui concerne principalement l’immigration maghrébine et africaine, les pouvoirs publics autorisaient les ressortissants de huit pays d’Europe de l’Est, membres de l’UE, à accéder avec une procédure très simplifiée à sept secteurs d’activité en tension de recrutement : BTP, propreté, hôtellerie, commerce, etc. Pourvu que cela ne soit pas des immigrés maghrébins ou noirs, même s’ils prendront les emplois des français.

« Certes, écrit à juste titre Pierre Morville, la politique démographique d’un pays ne doit pas être guidée par ses seuls impératifs moraux et le réalisme doit être la règle. Mais les dispositifs de la nouvelle loi sont illusoires, à courte vue et pour partie largement contre-productifs » Il donne pour cela l’argumentaire suivant : La loi est illusoire car « aucun contrôle des frontières, aucun « mur » physique ou réglementaire n’empêchera durablement ces transferts ». Elle est à courte vue car le gouvernement souhaite caler sa politique migratoire sur une politique de l’emploi inexistante. Dans une économie libérale, et c’est largement le cas de la France, c’est le marché qui pour l’essentiel dessine l’offre et la demande d’emplois. La planification dans ce domaine n’a jamais donné de résultats palpables. On ne peut prévoir à l’avance la demande et partant les profils à choisir. Elle est enfin, contre-productive : la stricte sélection des migrants par critère professionnel a de nombreux effets pervers. « Loin de favoriser le « co-développement », l’immigration des seuls salariés qualifiés et le rejet des autres réduisent le transfert de technologies et assèchent les rentrées financières ».

« L’immigration poursuit-il, nourrit la croissance dans les pays d’accueil par la richesse créée mais également par le renfort apporté à la croissance démographique, en panne dans la plupart des pays d’Europe. Elle nourrit la croissance dans les pays d’origine par les transferts de technologies, par les transferts d’épargne, par les relations marchandes qui peuvent se développer entre les deux zones d’émigration et d’immigration. La croissance nourrit à son tour l’immigration : toujours dans les pays traditionnels d’accueil (Allemagne, France), mais également dans des pays nouveaux (Italie, Espagne, pays nordiques...). » [6].

Moins d’une semaine après le vote de la loi sur l’immigration

« Pour gonfler ses statistiques, le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, procède à des expulsions du territoire, honteuses sur le fond, illégales dans la forme, et contraires aux engagements du gouvernement. Mariam Sylla et ses deux enfants Mohamed (5 ans et demi) et Aïssata (3 ans) ont été montés de force dans un avion pour le Mali, le samedi 13 mai 2006. Cette jeune femme vivait en France depuis sept ans. Ses enfants y sont nés. Mariée très jeune, elle avait été victime de violences conjugales qui lui avaient laissé un lourd handicap : elle est pratiquement sourde. Réfugiée à Orléans, elle tentait de se reconstruire. Ses enfants y étaient scolarisés, Mohamed en grande section à l’école maternelle Jolibois à Orléans-La Source, Aïssata en petite section à l’école maternelle. Mariam Sylla a été interpellée le jeudi 11 mai, dans l’Eure où elle visitait une amie. Le soir même elle était placée en rétention à Rouen (Oissel) avec ses enfants Elle a été expulsée en moins de 48 heures, sans que personne ne soit prévenu. Qu’importent les formes, pourvu qu’on ait l’expulsion et les chiffres ! Statuant (en son absence forcée) sur son cas, 15 mai, le Tribunal administratif d’Orléans a annulé l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Autrement dit, honteuse sur le fond, l’expulsion de Mariam Sylla et de ses enfants est aussi illégale dans la forme [7].

Du jour au lendemain ces enfants se retrouvent dans un pays qu’ils ne connaissent pas avec aucune attache, il est difficile de comprendre le désarroi de ces enfants qui sont traumatisés à vie, mais qui s’en soucie, ce ne sont pas des petit(e)s français, on pourrait dire qu’ils ne sont pas « comme nous » dirait Giscard à propos des Turcs...

La même histoire est arrivée à un Algérien de 41 ans qui était en France depuis 1995 avec son épouse et ses quatre enfants français scolarisés et âgés de 3 à 9ans. A Saint-Etienne avec son épouse et leurs quatre enfants, il a été expulsé mercredi 25 mai de France vers l’Algérie, sur la base d’un arrêté du ministre de l’Intérieur. Le motif de l’arrêté ministériel d’expulsion, daté du 9 novembre 2000, indique seulement que Maamar Koudji "s’est livré à des activités de nature à compromettre la sûreté de l’Etat et la défense nationale". "Je ne fais pas de politique" Joint par téléphone, ce père de quatre enfants, se déclare "respectueux de la loi" [8].

L’année scolaire s’achevant, les préfectures feront du zèle pour exécuter à la vitesse V les nombreux arrêtés de reconduite à la frontière édictés ces derniers mois contre les familles en situation irrégulière. « Au moins 10.000 jeunes scolarisés et clandestins » sont menacés, affirme le Réseau Education sans frontières (RESF), association française engagée dans la régularisation de ces jeunes et de leurs familles.

Pensons aux enfants Juifs cachés par des familles pour éviter d’être envoyés en Allemagne. Mutatis mutandis c’est le même enfer qui attend les enfants expulsés. Pourrons nous voir malgré Les mesures de rétorsion de Sarkozy des hommes et des femmes braver l’interdit au nom de l’humanité comme ils l’ont si bien fait pour les petits enfants juifs. Dans une pétition lancée fin avril, RESF a appelé à combattre « la chasse à l’enfant », invitant à « parrainer, protéger et même héberger » ces jeunes clandestins scolarisés et les leurs, quitte à enfreindre la loi et être passible de jusqu’à 5 ans de prison et 30.000 euros d’amende. Nous attendons de voir.

Que fait l’Europe pour traquer physiquement les damnés de la terre ?

Alors que les candidats à l’immigration continuent d’arriver en grand nombre sur les côtes espagnoles et italiennes, la Commission européenne vient de prendre une série de mesures de surveillance commune. Des immigrants clandestins arrivent, lundi 22 mai, dans le port de Los Cristianos, à Tenerife, l’une des îles espagnoles des Canaries, sur un bateau de fortune surnommé Titanic... Depuis plusieurs jours, l’Espagne appelait l’Europe à l’aide face à l’afflux d’immigrants clandestins aux Canaries. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, qui était venue à Bruxelles plaider le dossier espagnol pour protéger cette frontière extérieure de l’Union européenne, a salué ces mesures « efficaces ». « C’est un plan de choc pour faire face à une situation d’urgence », « Pour la première fois, l’Union européenne s’implique véritablement dans la politique migratoire », a-t-elle renchéri mercredi 24 mai devant le Sénat à Madrid.

Sur les 15 mesures annoncées, la principale et la plus rapide à mettre en œuvre, puisqu’elle dépend des États membres, concerne « un système de patrouille navale et aérienne », a expliqué Franco Frattini. « Huit pays ont déjà indiqué qu’ils étaient prêts à apporter leur aide, et mettront à disposition des bateaux rapides pour assurer ces patrouilles en mer », le long des côtes des Canaries mais aussi du Sénégal, de la Mauritanie ou du Cap Vert, a-t-il ajouté. Cet « exercice de patrouille » devrait être étendu à d’autres pays africains « dans quelques mois ». En clair on déploie les grands moyens contre des hommes désarmés, qui ont faim, qui ont soif, qui ont besoin de dignité, à ces personnes on oppose des avions, des radars, des patrouilleurs ...

Figurent enfin des initiatives plus lentes à mettre en place, comme la possibilité d’utiliser des fonds européens pour cofinancer la surveillance des frontières, des opérations de rapatriement des clandestins, et la construction de deux centres d’accueil temporaires pour les immigrants refoulés, l’un en Mauritanie et l’autre au Sénégal. La Commission va également demander des fonds pour permettre d’expérimenter un système de « surveillance maritime électronique », qui devrait permettre d’améliorer les capacités de détection des patrouilles.

Les Vingt-Cinq ont toutefois été obligés de s’emparer collectivement du dossier après la « sanglante » crise migratoire de l’automne 2005 dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc), prises d’assaut par des milliers de candidats africains à l’émigration. Les questions liées aux migrations sont de plus en plus importantes pour l’UE et suscitent, dit-on, une inquiétude croissante, mais pas de compassion dans les opinions publiques. Les 25 décident d’organiser, à l’initiative de l’Espagne, du Maroc et de la France, une série de sommets UE-Afrique sur le thème de l’immigration dans la zone Méditerranée. Le premier devrait avoir lieu au Maroc à Rabat le 11 juillet [9]. L’Algérie a décider de ne pas y participer du fait que le même type de conférence est prévu à la même période en Libye. Pour sa part, Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité Franco Frattini présentera d’ici deux semaines une liste de "pays sûrs" pour l’examen commun des demandes d’asile par l’UE, dont les ressortissants verraient leurs demandes d’asile examinées avec un a priori négatif...

Conclusion

Au niveau planétaire, il faut cependant relativiser ces transferts : selon l’ONU, ces masses en mouvement représentent 200 millions de personnes, soit seulement 3,06 % de la population mondiale. Les riches ne peuvent pas prendre en charge le développement de ces pays car c’est là que réside le problème. L’union européenne a déjà dépensé plus de 145 millions d’euros pour le Sive système ultramoderne installé sur la côte de Gilbraltar et sur les enclaves pour voir les bateaux sur l’autre rive. Cela n’a pas empêché les « pateras » d’arriver avec leur lot de détresse. Ce n’est pas en forçant les pays à faire les gardes chiourme interposés contre leurs propres ressortissants que le problème sera résolu. Il viendra le jour où il faudra bien s’attaquer aux racines du mal. A défaut de restituer leurs richesses aux pays spoliés, à défaut de rendre la mort aux combattants morts pour la France, à défaut de rendre la santé aux bâtisseurs des trente glorieuses rendons leurs dignités d’hommes à ces épaves en leur permettant d’avoir une vie digne chez eux. Les pays industrialisés consacrent plus de 800 milliards à l’armement Plus de 400 milliards à la publicité, il faudrait moins de 100 milliards de dollars pour éradiquer la pauvreté et commencer à sédentariser les immigrés chez eux.

 

Par chems-Eddine chitour, 04 juin 2006.id_article=4313

[1] Déclarations : de Mitterrand à Sarkozy... Nouvel Obs.Com 16.05.06.

[2] La législation en Europe concernant l’immigration, aux Etats-Unis, au Canada... Nouvel.Obs.Com 10.05.06.

[3] Alain Salles : « Aux Etats-Unis, la querelle de l’immigration connaît une pause » Le Monde 26.05.06.

[4] Abdlouaye Wade : « Ce n’est pas honnête de vouloir prendre nos diplômés » Nouvel Obs. 23/05/2006.

[5] Eric Fottorino : « Sarko blanc, Sarko noir » Le Monde du 23 mai 2006.

[6] Pierre Morville « Immigration : Sarkozy ressort son kärcher » Le quotidien d’Oran 25 mai 2006.

[7] Réseau éducation sans frontières : Nicolas Sarkozy veut « faire du chiffre » : Réseau Voltaire 24 mai 2006.

[8] Associated Press et Nouvel Obs. du 25 mai 2006.

[9] Marie-Françoise Masson « L’UE face à l’immigration clandestine » La Croix du 25 mai 2006.

Lundi 16 Avril 2007

Lettre ouverte à Nicolas SARKOZY

par Jean-Luc DURIEZ après adaptation

 

Monsieur Nicolas Sárközy de Nagy-Bócsa, candidat à la Présidence de la République Française et accessoirement Ministre de l’Intérieur de la République Française, ministre d’Etat,

J’ai écouté attentivement votre intervention pré-électorale sur France 2, dont la rédaction est toujours aussi complaisante à votre égard.

Permettez-moi d’abord de m’indigner de ne pas avoir entendu un seul mot de votre bouche pour les victimes de la guerre - ni les victimes libanaises de l’agression sioniste… ! Pas un mot non plus pour condamner l’agresseur sioniste : allégeance à la politique étatsunienne oblige !

Je ne m’étonne pas d’ailleurs de cette attitude : elle va bien avec votre personnage !

Je passe sur votre psychose sécuritaire, c’est un levier de votre campagne. L’avenir nous dira si l’annonce d’une menace terroriste contre les avions anglais était réelle ou, une fois de plus, un très mauvais canular à usage politique interne et à usage mondial au service de la politique belliciste anglo-étatsunienne, comme le pensent un certain nombre d’observateurs expérimentés de la politique anglaise...

J’en viens à l’essentiel de votre intervention : le dossier des sans-papiers.

Vous utilisez des arguments de bas étage.

Tout d’abord, Monsieur Sárközy de Nagy-Bócsa, vous n’êtes pas LA FRANCE !

A l’époque où vos ancêtres fuyaient l’avance des troupes soviétiques, sans doute en raison de leur action politique auprès de l’allié d’Hitler, l’Amiral HORTHY, un des miens tombait sous les sévices des nazis. En sa mémoire, je ne vous autorise pas à parler de la déportation...

Venons-en au fond du dossier !

Vous êtes incapable de donner le nombre exact de dossiers de sans-papiers remis aux Préfectures. Un peu moins de 30.000, dites-vous. Mais vous annoncez déjà des estimations de 6.000 régularisations ! Quand la journaliste Carole GAESSLER ose vous demander - et à plusieurs reprises, elle fut courageuse ! - sur quoi vous vous fondez pour cette évaluation, vous bottez en touche pour vomir votre discours xénophobe ! Jamais vous n’avez expliqué vos méthodes d’évaluation ! Et pour cause, il n’y a comme méthode qu’un quota décidé par avance ! Comment pouvez-vous oser dire que vous et vos services AVEZ examiné les dossiers au cas par cas, alors que les derniers dossiers ont été déposés dans la journée du 13 août 2006 !

Qui fait de la démagogie ? Il suffit de se connecter sur le site de vos amis (www.les-amis-de-nicolas-sarkozy.fr/) pour se rendre compte que ce sera un des arguments forts - mais en avez-vous d’autres ? - de votre candidature... en s’appuyant sur des statistiques qui vous arrangent. Votre campagne est répugnante, elle s’appuie sur les plus bas instincts humains : xénophobie, peur de l’autre, racisme. Vous n’avez rien à envier à LE PEN ! Fuyez le naturel, il revient au galop ?

Quant au second tour des Présidentielles, pour y parvenir il faut d’abord franchir le premier tour et contrairement à ce que martèlent les média, les jeux ne sont pas faits...

Croyez bien que je ferai tout ce qui est de ma responsabilité et de mes possibilités pour que vous n’y figuriez pas. Rappelez-vous le 29 Mai 2005, M. SARKOZY...

Je ne vous salue pas, il n’y a rien d’humain en vous. J’espère seulement que vous disparaîtrez très vite de notre scène politique et que mes enfants pourront être fiers de la France dans laquelle ils vivront, qui aura su se débarrasser de politicards de votre acabit.

Marseille le 15 août 2006

Jean-Luc DURIEZ

Lundi 16 Avril 2007
Un mouton dans la baignoire

 
A Marseille, le sociologue lâche des perles devant une assistance qui en redemandait. « Quand j’entends parler de moutons égorgés dans la baignoire, ça ne me convient pas
».

Qu’est-ce que ça veut dire, livrer en pâture non pas des immigrés mais des descendants d’immigrés au moment de l’élection présidentielle comme le fait le Front national depuis 25 ans ? Quand on est républicain, on ne peut pas s’offrir ce luxe, c’est impossible ! « Il y a des quartiers qui sont interdits à Sarkozy ! Mais il y a des candidats qui offrent des perspectives républicaines, et je suis là pour le dire. Quand Sarkozy a parlé de nettoyer au Kärcher, j’étais embêté ; j’ai dit que ce n’était pas bien et je m’en suis pris plein la gueule pendant deux ans ! Malheureusement pour lui, les propos de Sarkozy ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd, mais dans la plume d’un écrivain. » Jamais Azouz Begag n’a été aussi présent dans la presse, même si les médias lourds continuent d’être frileux. Jeudi dernier, il a accusé Nicolas Sarkozy d’être « un menteur et de draguer à fond la caisse l’électorat d’extrême droite avec des idées d’extrême droite ». « Quand ce type veut créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, vous trouvez que c’est du ressentiment personnel ? Quand ce type parle de moutons égorgés dans la baignoire devant 12 millions de téléspectateurs, est-ce qu’il est en train de parler des Islandais ou des Finlandais qui sont en train d’envahir la France ? (...) N’avez-vous pas le sentiment qu’il est en train de draguer à fond la caisse l’électorat d’extrême droite avec des idées d’extrême droite ? Quand un individu, ministre de l’Intérieur, affirme devant un parterre de ministres, que moi, Azouz Begag, j’ai des antécédents psychiatriques, quand il déclare qu’il faut associer immigration et identité nationale dans un même ministère, alors oui, je dis que cet individu est dangereux. Quand un homme comme lui a la maîtrise et le soutien de tant de pouvoirs médiatiques et économiques, et qu’il peut, avec cela, marquer son emprise totale sur la société française, sans supporter la moindre contestation, alors oui, je dis que cet homme est dangereux. » Avec son sens de la formule, il affirme que « c’est un devoir personnel et politique majeur que d’informer les électeurs avant l’élection. Si je laisse faire, je pourrais être accusé de non-assistance à pays en danger ». Il n’épargne pas non plus le lieutenant de Sarkozy, Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités territoriales. « Allez, fissa, sors de là ! Dégage d’ici, je te dis, dégage ! », lui aurait-il lancé le 11 octobre 2006 alors qu’ils étaient assis sur les bancs de l’Assemblée nationale. « Il utilise un terme de l’époque coloniale. Il se croit encore dans l’Algérie de l’indigénat. Je fais le benêt. Je dis que je ne comprends pas le breton. » Fissa est un terme argot d’origine arabe, contraction de « fi sa’a », soit mot à mot, dans l’heure.

Dimanche 15 Avril 2007

Antisémitisme comme arme de dissuasion


Le mutisme est complet sur ce point, refoulé au tréfonds du subconscient occidental, un point noir de la conscience, telle une consigne implicite, comme la marque d’une connivence entre la classe politique française et la communauté journalistique.

Le sujet fâche, car il fait tâche. Au risque de s’exposer à l’accusation d’antisémitisme, il importe toutefois d’assumer le risque de troubler la bonne conscience léthargique occidentale pour la placer face à ses responsabilités, tant il est vrai que la solidarité aveugle avec l’occupation sioniste de la Palestine ne saurait occulter le débat de fond que cette question pose tant au niveau du droit que de la morale.

Cette question revêt d’autant plus d’actualité que la chorale de l’armée sioniste a organisé, fin décembre 2006, en France, une tournée de collecte de solidarité en compagnie de la famille du caporal Shalit, sans la moindre objection des pouvoirs publics ou de la presse, sans la moindre attention pour les dix mille prisonniers palestiniens et arabes détenus abusivement, parfois sans jugement, par les autorités d’occupation sionistes.

Sauf à considérer l’occupant sioniste comme le fer de lance du combat occidental contre l’ensemble arabo-musulman et que son service dans l’armée sioniste constitue une forme déguisée de coopération stratégique militaire franco-sioniste. Le service militaire dans l’armée sioniste constitue-t-il désormais un passage obligé à des promotions politico-administratives en France ? Préfigure-t-il la collaboration future entre les diverses composantes de l’ « axe du bien », telle qu’elle est préconisée par les néoconservateurs américains et leurs relais français ?

A la faveur de la dégradation du climat international consécutive aux attentats anti-américains du 11 septembre 2001, de la guerre d’Afghanistan (2001-2002), de la guerre contre l’Irak (2003) et de la nouvelle guerre du Liban (2006), ainsi que de la transposition du conflit arabo-sioniste en France, une bataille intellectuelle à coups de censure et d’accusation de racisme fait rage dans ce pays, qui constitue à la fois le plus important foyer musulman du monde occidental et le lieu d’implantation de la plus forte communauté juive d’Europe.

Une profusion d’experts occidentaux :

Michel Houelbecq, Claude Imbert, Maurice Le Dantec, Alain Finkielkraut, Yves Charles Zarka, Yvan Rouffiol, Alexandre Adler, Georges Frèche, Pascal Sevran…

Pas un jour ne passe sans qu’un ouvrage n’annonce des révélations sur ‘’les islamistes’’, thème à la mode des marchands de sensation, pas un jour sans qu’un « islamologue », ces personnes qui se déclarent spécialistes de l’Islam, n’apparaisse sur les écrans de télévision pour donner sa propre explication du « phénomène du terrorisme islamiste » ou de l’arriération du monde arabe.

Cette littérature se nourrit d’ailleurs de l’actualité particulièrement abondante en ce domaine, dont les derniers en date sont l’attentat de Madrid, le 11 mars 2004 en représailles contre la participation de l’Espagne à la guerre contre l’Irak - et qui a conduit à la défaite électorale du premier ministre espagnol José Maria Aznar - ou encore les attentats de Londres en juillet 2005.

Les Arabes eux-mêmes ne se privent pas non plus de la nourrir par l’étalage de leur division, et beaucoup de commentateurs occidentaux ont puisé dans l’échec des derniers sommets arabes justification à leurs analyses ou à leurs préjugés anti-arabes, de même que la prise de distance opérée par les régimes arabes contre les résistances antisionistes du Hezbollah libanais, Hamas Palestinien et la résistance irakienne.

Certes, les Arabes sont pour des raisons multiples responsables de la situation déplorable dans laquelle ils se trouvent. Il n’est, pour s’en convaincre, que de relire le remarquable « programme sur le développement humain » pour 2003 réalisé par un groupe d’experts arabes, qui y recense à l’origine du handicap arabe, plusieurs gros maux notamment l’analphabétisme, la pauvreté, l’autoritarisme des régimes politiques, l’absence de liberté, l’iniquité entre les sexes, l’intolérance à l’égard des minorités, etc.

Mais la profusion d’experts occidentaux est impressionnante, voire même préoccupante, au point de se demander si certains experts ne souhaitent mettre à profit ce regain d’intérêt pour la sphère arabo-musulmane pour y consacrer des stéréotypes dans l’imaginaire occidental.

Après le romancier français Michel Houelbecq, qui avait jugé « stupide » la religion musulmane, l’italienne Oriana Fallaci, qui avait dénoncé la saleté et l’arrièrisme des Arabes, et l’aveu d’un grand journaliste français Claude Imbert, directeur de l’hebdomadaire « Le Point », se déclarant « islamophobe » un ouvrage collectif, réalisé par une soixantaine d’universitaires français et arabes, consacré à « L’Islam en France », et édité par « Les Presses Universitaires de France » (PUF), apporte une touche intellectuelle et scientifique à cette nouvelle xénophobie anti-arabe.

Numéro hors série de la revue « Cités », la publication illustre sa couverture par une gravure reproduisant un musulman au nez crochu, tenant le Coran par la main et tournant le dos à la République. Curieux retournement des choses : l’ancien stéréotype d’identification des Juifs est désormais applicable aux Arabes et aux Musulmans. Curieux procédé qui consiste sous couvert de critique à pratiquer le dénigrement, sous couvert de lutte contre l’antisémitisme à favoriser un anti-arabisme.

Plus regrettable est que cette publication ait été cautionnée par un professeur de philosophie de la prestigieuse université parisienne « La Sorbonne », mais l’universitaire en question, Yves Charles Zarka, pense au contraire travailler à la mobilisation des esprits en France, qu’il considère comme le principal champ de bataille du conflit entre l’Occident et l’Islam. « Face à l’esprit de conquête, il faut développer l’esprit de résistance », écrit-il, en affirmant que la France est menacée par « la constitution d’une minorité tyrannique » qu’il importe de combattre.

Il ressort de la lecture de cet ouvrage le fait que l’image de l’Arabe se réduit à quelques images fortes, (délinquance, fanatisme, antisémitisme). Sous l’apparence scientifique, l’analyse est simpliste, sans que ces intellectuels n’aient jugé bon de se pencher sur les véritables raisons de la violence antioccidentale du monde arabo-musulman, ou de la xénophobie anti-arabe ou musulmane des occidentaux.

Une radicalisation des esprits et du langage prend corps en France avec la banalisation du racisme ordinaire au quotidien cautionné par de grandes figures de l’intelligentzia ou de la classe politico-médiatique.

L’auteur fera grâce aux lecteurs des embardées répétitives et de leur impunité corrélative d’Alain Finkielkraut (l’équipe de France de foot black, black, black, risée de l’Europe), du parlementaire socialiste Georges Frêche sur le statut de « sous hommes » qu’il assigne aux Harkis, ces anciens supplétifs musulmans algériens de l’armée française, ou encore l’eugénisme préconisé par une vedette de la télévision publique, Pascal Sevran, en vue de réduire les capacités génésiques des Africains et de stériliser leur reproduction, dans la pire tradition hitlérienne, de même que celles les deux éditorialistes vedettes du "Figaro" le journal du grand capital, Yvan Rioufol sur le "nazi-islamisme" et d’Alexandre Adler sur le "fascisme vert" et de l’universitaire Robert Redeker.

La neutralité, l’objectivité et l’impartialité, qui caractérisaient jadis le travail universitaire, ne sont plus de mise face à la violence de la bataille, dont la polémique sur le port du foulard islamique et le tollé suscité par les biens pensants de l’équipe de l’hebdomadaire satirique Charlie hebdo, autour de Philippe Val, à propos des caricatures du messager de l’islam Mohammed (ou Mahomet comme l’occident l’a renommé), l’hiver 2006. n’en sont que les derniers avatars.

Neufs intellectuels spécialistes de l’Islam, parmi lesquels Olivier Roy, grand connaisseur de l’Afghanistan, et Jocelyne Cesari, spécialiste de l’Islam européen, qui avaient pourtant contribué à ce numéro hors-série des PUF, ont admis dans un communiqué commun avoir été « piégé » par cet ouvrage de « propagande ». Le mensuel « le Monde diplomatique », dans sa livraison du mois d’Avril 2004, a dénoncé ce procédé considérant qu’il s’agit d’un nouvel habillage du racisme.

A noter qu’aucun de ces ouvrages, ni celui de Houellbecq, ni celui de Fallaci, pas plus que la revue « Cités », n’a fait l’objet d’une censure ou ses auteurs poursuivis en justice pour incitation à la haine raciale. Il n’en est pas de même pour les écrivains de l’autre bord.

L’exaspération du débat est telle que par un effet de transposition, toute critique vive de la politique d’occupation sioniste, qu’elle émane d’arabes, de musulmans ou même d’intellectuels ou de personnalités de tradition culturelle ou religieuse juive, est assimilée à de l’antisémitisme, vocable inapproprié à plusieurs égards.

Ainsi quand l’écrivain Renaud Camus, auteur d’un livre sur « la campagne de France », relève que les principaux chroniqueurs de France-Culture, la radio de l’élite culturelle française, radio d’état tout de même, sont de confession juive, un tollé accueille ses propos, relayé par le Journal « Le Monde », qui l’accuse de favoriser l’antisémitisme. Renaud mentionne ce fait dans quelques pages, d’une manière incidente, dans un volumineux ouvrage de 700 pages. Mais cela a suffi pour que soit déclenchée une campagne contre lui. Mais quand un auteur de roman policier, Maurice Le Dantec, se lie avec un groupe d’extrême droite française, et justifie la violence anti-arabe et antimusulmane, son éditeur, la prestigieuse maison d’édition Gallimard, se contente de déplorer ses propos sans pour autant rompre sa collaboration avec lui.

Cédant à l’esprit du temps, Jean Jacques Aillagon, l’ancien ministre de la culture, sur simple coup de fil de son ami l’écrivain Bernard Henry Lévy, a ainsi déprogrammé un film réalisé par un juif sioniste, Eyal Sivan, et un palestinien, Michel Khleifi, intitulé « La route 181, fragments d’un voyage en Palestine… » au motif qu’il présente une vision « unilatérale » du problème arabo-sioniste. L’ancien ministre a ordonné la censure sans même se donner la peine de visionner le film au préalable, sans même se rendre compte que ces deux cinéastes professionnels, venant de deux bords opposés, en entrecroisant leur regard, apportaient une vision synthétique du problème.

La complaisance mondaine ne saurait tenir lieu de politique. Aillagon a été écarté du gouvernement Raffarin à la suite de la déroute électorale de la droite aux dernières élections régionales françaises, le 28 mars 2004, recasé à Venise par l’ami de Bernard Henry Lévy, l’homme d’affaires François Pinault. Mais le film documentaire continue de développer son audience. Toutefois le cinéaste Eyal Sivan n’a pu s’épargner l’accusation d’« antisémitisme » que lui a infligée, en toute impunité, l’un des chefs de file de ce courant Alain Finkielkraut.

Bien pire, Le CRIF, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, qui se doit, en tant qu’instance d’intermédiation auprès des pouvoirs publics, favoriser la cohésion nationale et le dialogue interreligieux, dénature son rôle en se plaçant à l’avant garde de la lutte anti-arabe.

Le président du CRIF, en personne, M. Roger Cukiermann, s’est ainsi félicité publiquement, sans être désavoué, du succès du chef de l’extrême droite française, Jean Marie Le Pen, aux élections présidentielles de 2002, en considérant qu’il s’agit d’une « bonne leçon aux Arabes ». Nulle personnalité de premier plan française, ni politique, ni religieuse, n’a émis une protestation à cette occasion.

De même, lorsque des organisations juives organisent des concerts de gala pour récolter de l’argent pour l’armée sioniste et « le bien être du soldat juif », nul, non plus, ne se hasarde à critiquer cette opération de promotion d’autant plus inopportune et provocante que son principal bénéficiaire apparaît, tout de même, au regard du Droit international, comme une « armée d’occupation » en Palestine, Syrie, Liban et Jordanie. Pas une critique lorsque la chorale de l’armée sioniste organise, fin décembre 2006, une tournée de gala en France en compagnie de la famille du caporal Shalit et des deux autres soldats sionistes capturés par le Hezbollah, occultant le sort des dix mille prisonniers libanais, palestiniens et arabes croupissant dans les geôles sionistes sous un régime qualifié par l’ancien président américain Jimmy Carter de « régime d’apartheid ».

Pas une critique non plus quand l’occupant sioniste se livre à une destruction systématique du Liban, en violation flagrante du Droit Humanitaire International, trouvant comme argument une représailles à la capture de deux soldats sionistes au sud-Liban.

Indice complémentaire de la dégradation du sens civique national, pas une objection n’a été soulevée pour contester la qualité de "Français" au caporal Shalit, "le nouveau soldat Ryan" des temps modernes. Plus grave, nul dans la classe politique ou la presse ne s’est hasardé à soulever le problème de la dualité d’allégeance dans l’exercice de responsabilités politiques ou militaires en France, particulièrement en temps de guerre.

Une haine imaginaire ?

De son côté, Le CRIF s’est opposé, dans le passé, à des opérations pédagogiques comme pour maintenir le clivage ambiant. Il s’est ainsi notamment opposé à la tenue d’une conférence de presse, dans un collège de Nice dans le sud de la France, de Mme Leila Shahid, ancienne représentante de la Palestine en France, au motif que l’école française ne devait être un lieu de débat en France.

Ce qui donne à penser que pour le Crif, particulièrement pour son représentant dans le sud de la France, le député Rudy Salles, auteur de la demande d’interdiction, seuls les inconditionnels de Sharon et de ses successeurs ont droit de parole en France.

Sans risquer de se contredire, le CRIF avait pourtant demandé et obtenu que les élèves français du sud de la France, de toutes les confessions, (chrétiens, juifs et musulmans), se rendent à Auchwitz, en Pologne, en un voyage de recueillement dans cet ancien camp de concentration des Juifs du régime nazi. Ce voyage, auquel les parents des élèves arabes avaient donné leur accord, devait avoir une fonction pédagogique visant à dénoncer les horreurs de la guerre et du racisme.

La pédagogie ne saurait être à sens unique. L’annulation de la conférence de Leila Shahid à Nice a entraîné symétriquement l’annulation du voyage d’Auschwitz par les parents des élèves arabes, qui estimaient qu’il ne saurait y avoir deux poids deux mesures dans la lutte antiraciste.

C’est au CRIF, d’ailleurs, que Jean Pierre Raffarin, a conféré, le 18 mars 2004, trois jours avant les élections régionales, le droit d’être associé à la police de l’Internet pour dépister les sites « antisémites ». Un droit qui constitue un privilège exorbitant, en contradiction avec le principe de légalité, un des principes fondateurs de la République française.

Le CRIF n’a pas attendu cette faculté pour faire la police à l’égard de toute opinion dissidente, y compris au sein des intellectuels de culture ou de religion juive. C’est ainsi que coup sur coup, le sociologue Edgar Morin, qui s’était désolidarisé de la politique du gouvernement d’occupation d’Ariel Sharon, de même que le politologue américain Norman Finkielstein, qui avait rédigé un ouvrage sur « l’industrie de l’holocauste », qui constitue une « réflexion sur l’exploitation de la souffrance des juifs », ont été poursuivis en justice par l’association dite « France-Israêl » pour diffamation à l’égard de l’occupant sioniste.

Bravant l’interdit, un avocat du barreau de Paris, Guillaume Weill-Raynal, frère jumeau du journaliste Clément Weill-Raynall, un des chefs de file du combat communautariste, s’est livré à une « contre-enquête sur le nouvel antisémitisme en France » pour déplorer cette « haine imaginaire » nourrie par le judaïsme institutionnel, les médias et des intellectuels de renom, à base de constructions intellectuelles relevant de « l’ordre fantasmatique », et qui plonge la communauté juive dans la peur, plutôt que de l’inciter à affronter les défis du contemporain ».

Une haine imaginaire ? contre-enquête sur le « nouvel antisémitisme » Guillaume Weill-Raynal- Armand Colin-Mars 2005 « le drame est qu’en entretenant ce mythe d’une haine antijuive sous-jacente » notamment dans le traitement du conflit arabo-sioniste « par les grands médias, les apprentis sorciers font tout ce qu’il faut pour que la communauté juive, loin d’affronter les défis du contemporain, s’enlise dans une peur, voire un rejet de l’autre qui lui risque de lui faire perdre son âme », écrit notamment Weill Raynal.

Une indignation sélective

L’indignation est sélective : Georges Frêche, Alain Finkielkraut, Pascal Sevran continuent d’avoir droit de cité, mais l’humoriste franco-camerounais Dieudonné est voué aux gémonies pour avoir caricaturé l’extrémisme d’Ariel Sharon, en adaptant le salut nazi « Heil Hitler » en « IsraHeil ». Interdit d’accès de certaines salles de concert, notamment le célèbre « Olympia » de Paris, il a été, lui, poursuivi en justice « pour incitation à une haine à caractère racial ».

Robert Menard, responsable de l’organisation « Reporters sans Frontières », a déploré, lors du procès Dieudonné, le 2 avril 2004, « l’espèce de régression de la liberté d’expression » en France, dénonçant une « communautarisation de la pensée », phénomène, qui aboutit, selon lui, à faire que « si vous n’êtes pas juif, vous ne pouvez parler des juifs ».

« La dernière passion du Christ », le film de Mel Gibson relatant la crucifixion de Jésus Christ, en est la dernière manifestation. Les grands producteurs français en ont refusé sa commercialisation à l’unique motif qu’elle relançait la responsabilité des juifs dans la mort du Christ et favorisait un renouveau de l’antisémitisme.

En raison de la collaboration dont ont fait preuve les autorités françaises avec le régime nazi, durant la deuxième guerre mondiale (1939-1945), et de leur contribution à la déportation des Juifs de France vers les camps de concentration, l’antisémitisme est un sujet sensible en France. Accusation infamante, elle condamne quiconque en est l’objet à une sorte d’ostracisme.

L’accusation d’« antisémitisme » est en quelque sorte l’arme de destruction massive absolue et équivaut à une condamnation absolue. Elle constitue l’arme de dissuasion par excellence pour neutraliser toute critique à l’égard de la politique d’occupation sioniste en Palestine, Liban, Syrie et Jordanie. Mais à force de la brandir à chaque bout de champ, elle a perdu de son efficacité.

Pour qu’une chance de paix survienne au Proche-Orient, et dans le monde, il incombe aux Occidentaux de tirer les enseignements de leur propre histoire et d’offrir aux Arabes et aux musulmans non une capitulation déguisée comme en Palestine, ou une servitude volontaire comme en Irak, mais une paix fondée sur l’équité et la justice ; une justice qui peut se concrétiser par le fait de rendre, préalablement, la terre à ses propriétaires, que se soit en Palestine, Liban, Syrie, Jordanie, Irak, Afghanistan et Tchétchénie.

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