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Vendredi 11 Mai 2007

Ces journalistes qui s’amusent cyniquement des détails de nos vies privées et qui nous traitent de tous les noms en oubliant le code de la déontologie du métier qu’ils prétendent exercer, en oublions que ce n’est pas leurs vies privées qui sont exposées en toute illégitimité et contre tous les codes, toutes les religions et toutes les lois. Mais temps que leurs problèmes de tirages sont réglés, leurs dettes envers les imprimeries étatiques sont soldées et leur statut qui verra le jour grâce à qui… ?

Hélas… mille hélas… le quatrième pouvoir, ami du pouvoir a laissé les choses se pourrir… ils ne font que confirmer que nul n’est prophète chez lui. Car pour rappel, j’ai contacté au moins cinq journaux durant l’été 2006 pour écrire mes articles comme pigiste, mais ils n’ont même pas pris le temps d’une courtoisie en me rendant une réponse même négative ; pis, ils ne publieront pas l’interview fait un 11 décembre 2006.

Nos amis du quatrième pouvoir, amis du pouvoir et qui n’ont aucun pouvoir oublient que nous sommes des Algériens comme eux et que par conséquence ils ont le devoir de veiller sur notre intégrité physique et morale et ne pas faire le travail d’un Sarkozy atlantiste, adepte de l’occupation de l’Afghanistan et d’Irak, de l’occupation de la Palestine et premier responsable de l’atteinte à notre vie privée et notre réputation par un complot organisé en étroite relation avec les lobbies sionistes de France et des USA et l’occupant sioniste en Palestine.

Quant aux medias occidentaux, ils se défendent que ce qu’ils font est leur gagne pain ! Ils doivent savoir qu’ils gagnent leurs vies de vil pain, sur l’honneur de gens qu’ils squattent leurs maisons. Contrairement à vos guignols, nous, nous n’avons jamais choisie de faire de nos vies privées des vies publiques, c’est par contrainte et par violation des domiciles que cela se fait, ce qui vaut une poursuite en justice en bonne et due forme. Lorsque on sait, entre autres, les relations qui lient Sarkozy à Canal+, alors rien d’étonnant !

Que dire après ! Quand tout le monde trouve son intérêt en me crucifiant !

Jeudi 10 Mai 2007

Quand l’Algérie se réveille un septembre 2006

 

Beaucoup de personnes se demandent pourquoi notre pays ressemble plus à un état bananier, un état qui ne se respecte pas. Voici pourquoi :

Nos dirigeants, députés, généraux, chefs d’entreprises et responsables de partis que Dieu les gardent, se sont soudainement réveillés un mois de septembre 2006 pour constater que depuis plusieurs années, ils ne font que parler, parler et parler. Et ont décidé de se rattraper sur notre dos et de briser notre projet qui avait une route devant lui bien goudronnée pour venir et redire ce qu’ils ne cessent de répéter sans résultat aucun bien sûr, sinon on aurait pas fait surface. Pour vider notre projet ou au moins pour en diminuer l’effet, il parle de nouveau de rehausser les salaires, de pôle de compétence, d’éducation, statut de journaliste et des cerveaux qu’ils poussent à quitter le pays, enfin tout ce qu’ils n’ont pas pu concrétiser tellement leurs intérêts personnels prédominés sur tous. Et là, ils ressortent les vieux dossiers pour les dépoussiérer afin de sauver la démocratie de façade dont laquelle nous vivons depuis 1962 et qui nous étouffent jour après jour et de plus en plus. Pour sauver leurs postes aussi et leurs intérêts machiavéliques, la langue de bois est de mise. Il nous barre la route, il vide notre projet et ils apparaissent comme des réformateurs de leur propre travail. La sécurité devient un maitre-mot pour des gens qui jouent avec la sécurité de leurs propres citoyens. Tous les abus sont permis, le temps qu’ils rattrapent ce qu’ils ne peuvent rattraper, car la Business continuity ne se fait ni en un mois ni même pas en neuf mois. Les cabinets-conseil saisissent l’occasion, ils organisent ce que nous devions organiser, car eux ils ont les mains libres et ils collaborent. Le mal qui nous a été fait par ce système obscure et malfaisant est considérable et sur tous les plans : nos vies privées, notre réputation, notre honneur, nos carrières professionnels et des pertes financières énormes, car depuis neuf mois ils vident notre projet autant qu’ils peuvent et nous ont empêché de gagner notre vie dignement et comme on le souhaite. Les séminaires se multiplient sur la sécurité informatique, la sécurité industriel, SOX, Bâle II, la planification, la stratégie afin que notre projet apparaîtra comme une continuité de ce qu’ils font, sans citer les pertes financières qui en résultent. Plusieurs cabinets-conseil se font de l’argent sur notre dos ; et plusieurs organismes apparaissent soudainement depuis un septembre 2006 comme très préoccupés de la sureté de leurs collaborateurs et la solvabilité de leurs business.

Aussi paradoxale qu’hypocrite, ce système qui cherche sa survie avant l’intérêt du pays fait le jeu d’un Sarkozy zélé, informé par BNP ParisBas, il prend le premier avion vers les Etats-Unis d’Amérique pour comploter avec son ami Bush et le lobby sioniste. Devenu Président de la France, ce pantin a du souci à se faire. Son pays est signataire de la cours pénale internationale.

Mais à ceux-là je dis, qu’ils peuvent s’amuser à nous voler et à voler nos vies, nos carrières, nos projets, mais je peux leur assurer que le prix qu’ils vont payer sera aussi cher que celui que nous payons par notre résistance à ce système féodal et sans scrupule. Pour nous, il n’y aura pas d’allégeance.

La roue tourne messieurs ! La roue tourne !

Vendredi 20 Avril 2007

Je voterai Bayrou...

Jeudi 19 Avril 2007

Ce que le Français doit à l’Arabe

J'ai entendu l'autre jour, un type me dire qu'il n'y avait pas ou très peu de français dans l'équipe de France de football. Un noir ne pouvant pas être français et que ce dernier est logiquement blanc et descendant de plusieurs génération de franchouaillards.

Evidemment, pas moyen de savoir à partir de quel degré de couleur on n'est plus français: la limite est-elle au bronzé, au super bronzé, au café au lait, au noir voir noir-noir ou alors carrément noir, pourquoi pas...

Impossible de savoir à partir de combien de générations de "vrais français" on peut revendiquer la nationalité: 1, 2 ou plus ?

Et ce matin, je reçois un courriel d'un ami algérien sur quelques expressions empruntées à la langue arabe (voir ci-dessous); quelle coïncidence !

Moralité, pour être un vrai franchouillard, il faudrait être blanc (un vrai blanc, pas un faux), être descendant de plusieurs dizaines de millier de français et aussi parler uniquement le français (le vieux?)...

 
La chronique de Paris

 Quand le français vient de l’arabe

 Arabesques

Cuisine, parfums, meubles, vêtements, vocabulaire scientifique...: les emprunts de la langue française à l’arabe sont innombrables.

Houla ! (Par Allah ! Peu de Français connaissent l’étymologie de cette expression très française), la journée du «chroniqueur de Paris» commençait mal. Trop de boulot, trop de retards et la chronique à écrire... La soirée précédente n’avait pas été exemplaire.

Au café (de l’arabe qahwa), on n’avait pas bu que de la limonade (lîmûn, citron), des sorbets (charâb, boisson) ou des sirops (charâb) sucrés (sukkar). Les carafes (gharrâfa, pot à boire) circulaient à grand train, élixirs (al-’iksîr, le sec) puisés à pleines jarres (jarra, vase de terre). L’alcool (al-kohl, antimoine) avait opéré son alchimie (al-kîmyâ) et le teint cramoisi (qirmizî, rouge violet) et même écarlate (siqillat, rouge vif) de certains convives, avachis sur leur tabouret (tunbûr, du persan tabir, instrument de musique), en était la meilleure preuve. Par hasard (az-zahr, jeu de dés), la soirée se termina mal: quelques lascars (al-’askar, le soldat), quelques argousins (al-gwazil, gendarme) voulurent soulager de leurs pécules les convives restants à grands coups de matraques (matraq, gourdin). Quelle bagarre (de l’arabo-sicilien siarr) ! Quelle galère (qalija) !

Le français ? Un pataouète !

Bien plus tard, le soleil allant atteindre son zénith (samt al-ra’s, chemin au-dessus de la tête), il fallait bien se lever et quitter son matelas (matrah, qui est jeté à terre). On aurait préférer un sofa (sûfa, coussin) avec de la mousseline (mawsilî, de la ville irakienne Mossoul) ou un baldaquin (baghadâdî, de Bagdad) muni de draps en satin (zaytûnî, de la ville de «Zaitûn», en réalité la ville chinoise Tseu toung).

Bon ! Quel temps fait-il ? Qu’en disent les magazines (makhâzin, entrepôts) ou les almanachs (al-manâkh, calendrier) ? Pas de sirocco (churûq, lever du soleil), pas de typhon (tûfân, déluge), pas de mousson (mawsim, saison). On va donc se chausser léger. Des savates (sabbât, chaussures), tiens ! C’est confortable. Et comment m’habiller ? Un caban (qabâ, manteau d’homme), un caftan (qaftâzn, robe avec fourrure), un gilet (jalaco, vêtements sans manches), un burnous (burnus), une gandoura (ghandûra), une gabardine (qabâ, vêtement d’homme) ? Une jupe (jubba, vêtement) ? Non, ça c’est pour mon aimée. Elle en a de très jolies, moirées (mukhayyar, étoffe de laine). J’ai d’ailleurs rendez-vous avec elle. Et elle sentira bon. Mais comme elle change souvent de parfum, je devinerais le choix du jour: entre le lilas (lîlak), le jasmin (yâsimîn), l’ambre (‘anbar), le musc (misk) ou le santal (sandal). Elle aime beaucoup les nénuphars (nânûfar) mais ils ne sentent rien. En revanche, elle aura faim: d’aubergines (al-bâdhinjân), avec de l’estragon (tarkhûn) ? D’artichauts (al-kharchûf) ? De potirons (futr, champignon) ? De pastèques (battîkha)? D’abricots (al-barqûq) ? D’oranges (nâranj) ? Nul ne le sait: l’almée (‘âlma, servant, ‘alima, savoir) est souvent changeante.

Le chroniqueur avait connu cette femme d’exception par le truchement (turjumân, interprète) d’un toubib (tabîb, médecin), un fou (dans le jeu d’échec, le fîl, l’éléphant), passionné d’orientalisme et de musique, tambours (al-tambûr) et cythares (qîthâra), luths (al’ûd) et guitares (qîthâra).

Il aimait cette houri (femme très belle, vierge du Paradis) et aucune avanie (hawân, rançon), aucune avarie (awârîya, dommages), même sur des récifs (ar-rasîf, jetée) nacrés (naqqâra, tambour), n’aurait pu l’arrêter dans ce «brancheman» (du français «branchement»).

On le comprendra: les mots empruntés à l’arabe sont légion et le petit récit proposé narrant un lever difficile du chroniqueur de Paris est au nadir, «à l’opposé» des mœurs vertueuses, voire parfois quelque peu austères prêtées à ce rédacteur.

D’un petit livre sont tirés ces quelques exemples parmi de nombreux autres emprunts à la langue arabe. «Arabesques, L’aventure De La Langue Arabe En Occident», a été rédigé par Henriette Walter, linguiste bretonne et Bassam Baraké, linguiste libanais.

Le français ? Un pataouète ! Cette façon de parler des «pieds-noirs» est une expression qui est elle-même une déformation du nom du célèbre quartier Bab el-0ued. Quant au vocabulaire maltais, il est en moitié de l’arabe. Aussi, l’espagnol est fortement inspiré de l’arabe, d’où entre autre l’antagonisme linguistique entre la catalogne et la castille.

Jeudi 19 Avril 2007

 

L’étrange Monsieur Sarkozy
Homme providentiel ou mauvais génie de la France ?

Par René Naba après adaptation, Lundi 15 janvier 2007.

 

La France est périodiquement secouée d’un phénomène cyclique : le syndrome du sujet médiatique unique (SMU). Une seule personne occupe le devant de la scène médiatique dans sa totalité pour une longue période, reléguant dans l’ombre toute autre personne, même la plus respectable, tout autre sujet, même le plus digne, paré de toutes les qualités, sans le moindre défaut, suscitant l’admiration éperdue de la presse et des foules jusqu’à l’infini… Jusqu’à sa chute, qui déclenche alors une curée d’une férocité à la mesure de la complaisance antérieure.

Dans les années 1980, la France a eu droit au phénomène Bernard Tapie, du nom de cet industriel charmeur qui ensorcela journalistes et politiques au point de devenir ministre de la république française, jusqu’à ce que ses déboires judiciaires le rejettent dans l’opprobre généralisé.

Dans les années 1990, ce fut au tour du phénomène Jean Marie Messier. Le génie de la finance internationale déchaîna des élans d’admiration jusqu’au collapsus final, qui déclencha une risée universelle en même temps que le démantèlement du deuxième groupe mondial de communications « Vivendi-Universal » et l’exil vers les États-unis de cet ancien jeune prodige de l’élite intellectuelle française.

Nous voilà dans les années 2000 devant le phénomène Nicolas Sarkozy, seul homme sans doute à devoir restaurer la sécurité de la France, à redresser ses finances publiques en état de faillite, le principal barrage à l’extrême droite française, le tombeur de la gauche et le redresseur de la France, le champion de la lutte contre l’antisémitisme et de la discrimination positive.

En somme le nouvel homme providentiel de la décennie, le sauveur suprême. Du moins à en juger par ses déclarations et les commentaires savants de la presse française, souvent révérencieuse, rarement impertinente, à l’égard des puissants. A croire que la France souffre d’une pénurie d’hommes et de femmes de valeur et de talents ou plus simplement d’hommes et de femmes de bonne volonté.

Le ministre de l’Intérieur et ancien ministre des Finances, le vibrionnaire candidat à la succession de Jacques Chirac à la magistrature suprême, est aujourd’hui au faîte de sa gloire. Une critique dans ce contexte, c’est à dire hors du concert des louanges, sans que ne pointe à l’horizon la moindre perspective de trébuchement, est un exercice périlleux.

Assumons-en le risque tant il est vrai que des débordements de comportement jamais dénoncés, une falsification des faits de gestion jamais relevée, s’ils venaient à persister, pourraient desservir à terme tout autant la démocratie que le renom de la France dans le monde.

Boulimique, hyperactif, l’homme détient un double record difficilement égalable, celui des passages télévisés (4.200 en dix ans) et des lois répressives (11 depuis son arrivée au ministère de l’intérieur en 2002).

En dix ans, (1996-2006), Nicolas Sarkozy est en effet passé à la télévision 4.200 fois, soit plus d’une fois par jour, chiffre qui prend compte de ses périodes d’éclipse politique ou de ses vacances familiales, mais exclut la campagne présidentielle de 2007.

Au ministère de l’Intérieur, malgré tous ses déplacements musclés et médiatisés sur le terrain, malgré tous les bulletins de victoire relayés par une presse compréhensive, malgré une baisse des « faits constatés », malgré l’hyperactivité qu’il a déployée sur le plan sécuritaire (onze textes de loi en cinq ans, record mondial absolu, la criminalité ordinaire a augmenté en France où la violence faite aux personnes a augmenté de 09% depuis 2002.

Rien que pour son premier passage place Beauvau (2002-2004), la criminalité a augmenté de 10,1% au premier trimestre 2004 par rapport à la période correspondante de 2003, elle-même en augmentation déjà de 7,3% par rapport à 2002, alors que les bavures policières à l’encontre des civils ont triplé en trois ans.

Les violences commises par les policiers dans l’accomplissement de leur fonction sont ainsi passées de 20 actes en 2001 à 70 bavures en 2003, entraînant la mort de deux personnes en 2003 dans des opérations d’expulsion d’immigrés, au cours d’embarquement forcés à bord des « charters de la honte », selon l’Observatoire de la déontologie de la sécurité publique.

Au ministère des Finances, son entrée en fonction en fanfare dans un contexte de luxe tapageur a obéré, d’emblée, la crédibilité d’un discours volontariste. La réquisition de trois des cinq logements officiels du ministère pour en faire des appartements de fonction pour la famille et le personnel affecté à son service, ainsi que la mobilisation d’une escouade de 24 policiers pour la protection rapprochée et d’une flotte automobile de sept voitures augure mal d’une politique de rigueur que la France se doit de s’imposer pour sortir de ses difficultés financières.

Il est, en effet, inconvenant d’exiger des autres ministères des compressions de dépenses, et de faire, dans le même temps, étalage de luxe. Indécent de se déplacer avec un tel déploiement de forces, sans susciter des interrogations sur cette forme puérile d’autoritarisme, la marque d’une immaturité politique.

Le déploiement d’un dispositif de sécurité et de confort proportionnellement plus important que celui affecté à la protection du Général Ricardo Sanchez, le chef du corps expéditionnaire américain en Irak, autrement plus exposé que M. Sarkozy, retentit comme une manifestation précoce de prépotence.

Un tel comportement frappe de caducité une démarche d’exemplarité dans la gestion des affaires publiques. L’ami du patronat français a privilégié, sur le plan économique, le faste sur la sobriété, et sur le plan interne, dans la pure tradition coloniale française, la répression sur la prévention.

Donnant une dimension policière à sa politique de sécurité avec des résultats aléatoires, il a aggravé les problèmes lancinants de la société française.

Rétablissant la délation, il a renvoyé ses concitoyens à une pratique hideuse, aux pages sombres de l’histoire nationale qui avaient fait de la France l’antichambre des camps de la mort, à l’époque de la collaboration nazie.

Il est sain pour un homme politique de situer son action dans une perspective historique et de ne jamais banaliser l’infâme.

Plus préoccupante est la projection internationale de sa politique sécuritaire : En prenant à deux reprises le contre-pied de Jacques Chirac dans des manifestations internationales, l’héritier autodésigné a largement contribué à accréditer l’idée d’une duplicité de la diplomatie française.

Ainsi, le 5 mars 2003, alors que le président français serrait la main à Alger de Yacef Saadi, l’ancien adversaire algérien du général Jacques Massu dans la bataille d’Alger durant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), Nicolas Sarkozy refaisait décoller, le jour même, à une heure de décalage, le premier « charter de la honte » à destination de l’Afrique, occultant ainsi l’éclat de cette réconciliation nécessaire entre l’ancien colonisateur et son ancienne possession.

A moins d’impérieuses nécessités d’intérêt national, ses retrouvailles se devaient d’être exemptes de toute pollution. M. Sarkozy pouvait y surseoir et « les charters de la honte » attendre au sol la fin de la visite présidentielle en Algérie.

Cela n’a pas été le cas. La visite algérienne de Jacques Chirac en a été entachée, de même que la réputation de la France qui dispose, en la matière, du monopole de cette pratique. Se restreindre devant un désir de parasitage est une marque des hommes d’expérience.

Il en a été de même pour l’affaire du « voile islamique », déclenchée, contre toute attente, dans la foulée de l’installation du Conseil Français du Culte musulman, en octobre 2003. S’agissait-il alors de donner des gages à la droite radicale française en contrepartie de la mise en place d’un organisme représentatif de l’Islam en France ? De faire preuve d’habileté tactique ?

La réactivation de cette querelle en plein congrès des associations musulmanes de France, alors que l’affaire était en phase d’accalmie depuis une demie dizaine d’années, que le port du voile ne concernait que trois cents élèves et que l’opinion mondiale était polarisée par l’intervention américaine en Irak, a suscité une tollé dans le monde arabe et musulman.

Tranchant avec l’attitude de la France dans la nouvelle guerre d’Irak, l’affaire du voile a relancé le procès de la duplicité de la diplomatie française et l’occasion pour l’administration Bush de donner, à bon compte, des leçons de liberté religieuse à ses contestataires français, sans pour autant que le problème ne gagne en clarté. Était-ce le but recherché ? Se réserver pour les batailles décisives est également la marque des grands hommes.

Le ministre des Finances d’un État en cessation de paiement se doit au premier chef de redresser la barre et de tenir les engagements internationaux de son pays.

Le voyage de Nicolas Sarkozy à Washington fin avril 2004, alors que l’administration Bush se débattait dans le scandale des tortures des prisonniers irakiens, de même que celui qu’il a effectué deux ans plus tard en septembre 2006, apparaîtront rétrospectivement comme un point noir de la juvénile carrière diplomatique du ministre d’État, ministre de l’Intérieur, ancien ministre des Finances, de l’économie et de l’industrie de la France.

Un voyage à Canossa, par similitude avec le voyage effectué dans ce petit village d’Italie par l’Empereur Henri IV en vue d’implorer le pardon du pape Grégoire VII en janvier 1077, passé à la postérité comme une démarche d’humiliation devant l’adversaire.

Se faire adouber par les associations juives américaines, un des principaux instruments de la stratégie d’influence de l’axe américano-sioniste, un des principaux partisans du boycottage des produits français durant la guerre d’Irak, en pleine déconfiture diplomatique du tandem Bush-Sharon, et, dans le même temps, prendre à partie l’opposition socialiste pour sa frilosité dans la lutte contre l’anti-sémitisme constitue tout à la fois un contresens diplomatique, une contrevérité politique et une fanfaronnade démagogique.

Plutôt que la surenchère électoraliste, la sagesse commande, sur un sujet aussi passionnel, un discours de vérité : l’antisémitisme, résiduel en France, a existé bien avant l’arrivée des Arabes et des Musulmans en France et ses épisodes, douloureux, sont connus de tous. Raison pour la quelle le terme est devenu inapproprié, de nos jours.

L’histoire en est témoin de l’affaire Dreyfus, au XIXème siècle, (du nom de cet officier français de confession juive, condamné pour haute trahison, à l’indignité et au bannissement en raison de sa religion), à la collaboration du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie.

La pédagogie politique et le sens civique commandaient de rappeler à cette occasion le rôle du Sultan du Maroc, le futur Mohamed V, dans son opposition à l’application sur son territoire des lois de Vichy sur les Juifs et sa contribution à la lutte contre l’antijudaïsme. L’occasion en a été manquée. Si la stigmatisation est une arme du combat politique, elle ne doit jamais se faire au détriment de la vérité.

Dans le même ordre d’idées, l’instrumentalisation de l’appartenance communautaire dans la vie politique en France a préexisté à la prise de conscience politique de la communauté arabo-musulmane.

Les vociférations des organisations telles le « Renouveau juif » et le mouvement « Siona », dans les années 1980, appelant à des votes sanctions contre Valéry Giscard d’Estaing ou même contre François Mitterrand, briseur de l’embargo anti-sioniste et premier président de la République Française à avoir effectué une visite officielle en Palestine sous occupation, sont là pour le rappeler. Les faits sont vérifiables dans leur chronologie.

Fausse bonne idée que ce voyage à Canossa-Washington, intervenu au pire moment alors que George Bush de même que Tony Blair, son compère anglais, faisaient face à une levée de boucliers de leurs propres diplomates contre leur gestion du conflit irakien, assurée à coups de mensonges sur les armes de destruction massive, de tortures dégradantes et d’aveuglement pro-sioniste.

Mauvaise querelle, à tous égards, que celle faite par M. Sarkozy à ses adversaires quand on songe au zèle pro-sioniste manifesté constamment par les socialistes, de Suez, en 1956, lors de l’expédition anglo-franco-sioniste contre l’Égypte, à Bir Zeit (Palestine), en l’an 2000, quarante plus tard, qui a donné lieu au plus célèbre caillassage de l’histoire moderne avec la lapidation du Premier ministre socialiste Lionel Jospin pour avoir qualifié de "terroriste" le Hezbollah libanais, enfin à la carbonisation politique d’un intellectuel socialiste, Pascal Boniface coupable du crime absolu de lèse-majesté, la critique de la politique sioniste en Palestine.

Il est malsain de souffler sur la braise pour le plaisir de la gesticulation médiatique. Une lecture hémiplégique de l’Histoire entrave toute cohésion nationale future, en France.

L’UMP (anciennement Union pour la Majorité présidentielle, actuellement Union pour un mouvement populaire) sera son Zénith et son Nadir.

Sur les décombres du RPR moribond et les déboires de son chef naturel Alain Juppé, victime sacrificielle de l’affairisme d’État de son mentor, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a été sacré chef de la majorité présidentielle avec les encouragements juvénilement médiatiques de son benjamin, Louis.

"Bonne chance mon papa" retentira toutefois rétrospectivement comme un camouflet suprême d’une amère ironie. L’apothéose du régicide tournera en effet au vaudeville avec la fugue de sa dulcinée -équivalant à un abandon du domicile conjugal- avec le "maître des cérémonies", le propre ordonnateur du sacre, cauchemardesque scénario jamais imaginé même par le cinéaste le plus facétieux d’Hollywood.

Parangon de l’ultralibéralisme, l’homme réagira selon sa pente naturelle. Avec un autoritarisme d’une brutalité extrême : Le Directeur de la publication coupable du dévoilement de ses déboires conjugaux sera décapité professionnellement et un éditeur, téméraire, sommé de renoncer sur le champ à son projet de roman.

La loi d’airain de la morphologie politique : Complexe d’infériorité ? Désir forcené d’ascension sociale ? Lors de ses entretiens avec les grands hommes de la planète, Nicolas Sarkozy se dresse, littéralement, sur la pointe de ses pieds, pour se hisser à l’égal de ses interlocuteurs, du moins dans les clichés officiels, dans une volonté de dépassement des lois de la morphologie politique édictées, sous forme de sentence prémonitoire, par son modèle absolu, L’Empereur Napoléon Bonaparte, à savoir : « les hommes politiques qui ne mesurent pas 1m60, le destin leur passe par dessus la tête ». « Que penser de ce compensé ? Sa talonnette d’Achille ? Ce n’est pas une question d’attaque physique, mais d’étiquette éthique. Si le ministre veut nous leurrer sur sa taille que serait-ce sur ces mesures s’il est un jour président ? », décrètera, un jour, à la suite d’une nouvelle jonglerie talonnière, un des oracles de la presse quotidienne parisienne.

L’outrage habite cet homme qui a fait de l’invective son outil de communication privilégié. Son passage au ministère de l’Intérieur, s’il n’a pas réduit la délinquance, a en revanche enrichi le vocabulaire politique de deux de ses plus beaux fleurons de la stigmatisation française : Racaille et Karcher. Bon nombre d’observateurs lui imputeront l’exacerbation de la flambée péri-urbaine de l’automne 2005 par ses outrances verbales et ses rodomontades.

Candeur juvénile ou machiavélisme éhonté, Nicolas Sarkozy se choisira comme conseiller exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, M. Avi Dichter, ministre de la Sécurité publique du gouvernement sioniste d’occupation de la Palestine, celui-là même qui est en charge de la répression de l’Intifada palestinienne, transposant dans l’ordre symbolique, volontairement ou non, le conflit arabo-sioniste sur le territoire national.

Dans une démarche à portée démagogique, à connotation électoraliste, il s’assurera, en récidiviste, la collaboration d’un ancien réserviste de l’armée d’occupation sioniste de la Palestine, l’omniscient Arno Klarsfeld, tant sur la définition du "rôle positif" de la colonisation que pour la régularisation des sans-papiers, que pour le droit à l’hébergement.

Curieuse façon de promouvoir la laïcité, un des principes cardinaux de la République française, en assurant la promotion d’un homme ayant intégré une armée d’occupation par conviction ethnico-religieuse. Non moins curieuse façon d’assurer la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française en s’assurant les services d’un réserviste d’une armée d’occupation, d’un système colonial en guerre contre des pays amis de la France, le Liban et la Palestine.

Nicolas Sarkozy est un être "mal latéralisé", qui ne distingue pas sa gauche de sa droite et qui confond la droite et l’extrême-droite. Jacques Chirac est son point fixe, son repère absolu. Son parcours est à l’identique, y compris dans ses grandes trahisons, Chirac en s’alliant à Giscard d’Estaing contre le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, Sarkozy en optant pour Balladur contre Chirac, durant la campagne présidentielle de 1995.

Leur horizon indépassable à tous deux est l’échéance présidentielle de 2007, une date qui coïncide avec la relégation de la France dans la hiérarchie des Nations, dans son classement en tant que puissance économique, diplomatique que culturelle, passant de la 4ème e place à la 9ème à l’horizon de l’an 2010, supplantée économiquement par le Japon, l’Inde et la Chine, nouveaux géants de la scène internationale, et, sur le plan culturel, par l’Hispanidad, l’agrégation de locuteurs de la langue espagnole dans le monde, près de 450 millions de personnes en Amérique latine, en Espagne ainsi qu’au cœur même des Etats-Unis (près de 50 millions de personnes), qui feront de l’Espagne un centre d’influence dans le monde, plus important que la francophonie avec ses 120 millions de locuteurs.

Que les intellectuels de cour, ces êtres qui gravitent autour de notre Sujet Médiatique Unique du début du XXIème siècle, qui ont troqué leur statut d’intellectuels pour celui de courtisan, lui rappellent à l’occasion ces quelques vérités d’évidence : à savoir que le principal gisement de la Francophonie du XXIème siècle se situe en Algérie, au Maghreb ainsi que sur le continent noir, c’est à dire les destinations actuelles des « charters de la honte ».

Au-delà des similitudes entre MM. Chirac et Sarkozy, existe cependant une différence de taille : l’aîné, en vieux routier de la politique, à l’inverse de son cadet, n’a jamais joué contre son camp dans les forums internationaux. La marque d’un certain sens de l’État.

A Washington, le « petit Nicolas » s’est livré à une prestation politicienne, quand se dégageait du discours du « grand Dominique » une prestance morale, en harmonie avec la haute idée que la France veut donner d’elle-même.

A tous égards, le voyage à Washington de M. Sarkozy a représenté le négatif du voyage à New York de M. De Villepin, l’ancien ministre des Affaires étrangères, en plein débat du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit irakien. Une mauvaise manière faite à la France, qui a gommé dans l’opinion l’impact du plaidoyer français.

L’homme de la rupture n’a renoncé à rien de l’héritage du gaullisme électoral, s’emparant sans le moindre inventaire de la totalité du legs : parti, cadres, militants, électeurs et financement.

L’homme de la rupture n’a renoncé en rien aux combines électoralistes de l’ancien parti gaulliste comme tendrait à le prouver le maelström magmatique du feuilleton Clearstream où il apparaît à la fois victime et bourreau, manipulateur et manipulé.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : l’homme que l’UMP s’est choisi comme candidat présidentiel pour les élections de 2007 n’est toutefois pas l’héritier du gaullisme mais le chef de file du courant atlantiste, un des points d’articulation de l’axe américano-sioniste dans la sphère euro-méditerranéenne.

Les humoristes anglais désignent Tony Blair comme le caniche britannique de George Bush. Les Français se sont surpris, un jour, à se découvrir, à leur insu, « tous américains », de par la volonté du Directeur du Monde, Jean-Marie Colombani. A n’y prendre garde, un tel schéma pourrait se reproduire.

Que les hommes de bonne volonté se liguent donc pour que la France ne dispose jamais d’un pantin français du président américain. Car s’il suffit d’un décret pour faire un ministre d’État, il en faut davantage pour faire un homme d’État.

 

Notes :

1- Voici la liste des principaux textes sur la sécurité votés lors du passage de M. Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur :

septembre 2002 : Loi sur l’orientation et la programmation pour la sécurité intérieure ;

février 2003 : Loi aggravant les peines pour les infractions racistes ;

mars 2003 : Loi sur la sécurité intérieure ;

mars 2004 : Adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité ;

novembre 2003 : Maîtrise de l’immigration et répression des séjours irréguliers ;

janvier 2005 : Lutte contre le terrorisme ;

avril 2006 : Répression des violences contre les mineurs ;

juillet 2006 : Répression des violences dans les manifestations sportives ;

novembre 2006 prévention de la délinquanc qui entraîne la modification d’une traite, un chiffre record, 80 articles du code pénal.

 

2- « mal latéralisé », déficience relevée surtout chez les enfants et qui consiste à ne pas distinguer sa droite de sa gauche.

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