Cent bougies pour chasser l’obscurité
« Mon pays tue ses lions pour que se multiplient les agneaux et se facilite le travail des chacals » Messali Hadj
Libre à vous de voiler le soleil et de tendre les lambeaux défaits de la nuit pour cacher la luminosité du jour ! Libre à vous d’inventer des mémoires officielles neuves pour réhabiliter les indus occupants de l’histoire ! Libre à vous de déployer les tapis rouges devant les criminels ! Nous continuerons de repousser l’obscurité, pour que le sang versé sur la terre ne disparaisse pas bêtement dans les espaces clos, arides et sombres du renoncement ! Ce sang qui ne se calme pas est celui des braves.
Il coule encore même si vous ne le voyez pas. Il coule à partir de cent sources, cent vies fauchées par l’obscurantisme, cent voix censurées définitivement, cent plumes brisées, cent familles déchirées… comme tant d’autres.
Il coule pour former cette grande rivière du souvenir qui gronde et hurle sous les ponts bricolés à la hâte dans les aubes troubles d’une amnésie générale. En ce mois d’août, nous célèbrerons le premier anniversaire d’une épopée incommensurable. L’occasion est ainsi offerte à tous les militants de la liberté, à ceux qui ont vaillamment résisté à l’empire du mal et ses acolytes, aux femmes et aux hommes qui ont su mettre en déroute le projet fasciste ; l’occasion leur est offerte de marteler haut et fort, à l’intention de tous les amnésiques, que l’Algérie nouvelle n’oubliera plus ses braves. A leurs enfants, à leurs épouses, à leurs parents, nous dirons que tous les mots du dictionnaire ne suffiraient pas pour manifester la gratitude de
Taisez-vous un moment et écoutez l’histoire, la vraie, celle qui ne s’écrit pas dans les livres officiels. Mais celle qui vivra éternellement dans le cœur de ce pays, dans l’eau pure de ses ruisseaux, dans le ciel et la mer, dans les dunes de son Sahara, dans les gorges profondes de ses montagnes, dans les yeux des mômes qui rêvent de liberté ! Cette histoire s’en fout des règnes éphémères et des pouvoirs momentanés, elle s’en fout des urnes et des humeurs partisanes ! Elle a l’éternité pour elle… Demain, les générations sauront réserver à leurs héros la place qu’ils méritent dans le panthéon de l’histoire. Et si vous êtes de ceux qui oublient trop vite, précipitez-vous, alors, là où l’on distribue les dividendes des zerdas électorales ! Ici, nous remémorons notre Histoire pour soigner notre présent et bâtir notre future.
Après avoir échappé à la mort par la main des obscurantistes, je suis là où devraient être ceux qui ont étouffé ma voix ! Une année après, que dire à nos martyrs ! Soixante ans durant, que dire à nos morts ?... Que rien n’a changé !